Déambulation dans les rues du Caire il y a quelques mois. A la recherche de quelques facades remarquables de la belle époque. Où le Caire invitait les plus grands architectes. Ils rivalisaient d'inventions. Et de concours en concours, d'immeubles en hôtels particuliers grandioses donnaient à la ville un nouvel écrin.Nous sommes à deux pas de la pension Roma. Petit hôtel familial niché au 4 ème étage d'un immeuble sans âge. Les parquets y sentent bon l'encaustique. Les chambres y réveillent mes souvenirs d'enfance. Ces vieilles maisons d'un autre temps, aux mobiliers désuets, au point d'eau masqué d'un paravent. On s'y sent bien. L'ascenseur traversent ces étages de géant. Nous voilà plus bas dans le tohu bohu d'une ville de près de 18 millions d'habitants.
Jeux des couleurs d'une devanture de magasin. Quelques hésitations. Cadrage. Une passante passe. L'image est dans la boite.
Trois pyramides plaisantent en ville. Une jaune. Deux demi-rouges inversées. Le croisé des jambes noires. La ville moderne tisse sa toile vers le plateau de Gizeh.
La démarche volontaire de la passante. Saisie dans l'instant. De profil. Les mains posées. Un hiéroglyphe bien involontaire mimé en pleine rue. Clin d'oeil fruit du hasard. Passerelle entre deux mondes qui ne se reconnaissent pas. L'antique et le contemporain. Etranger l'un l'autre. Comme une autre histoire mais pas celle des Egyptiens d'aujourd'hui. Et pourtant un peintre du dimanche ose la chute et les correspondances !
A quelques pas, apparait un magnifique couteau en silex taillé, jouant avec les veines de la pierre, sans hasard, dans une recherche presque artistique. Ce sont les seuls objets encore visibles. Au moment de rebrousser chemin, dans une matière noire, proche de l'obsidienne, une grande hache en silex taillé se détache du sable doré. Rien de polie pour l'instant. Nous sommes sans doute un peu avant le néolithique sur un lieu de campement provisoire.




