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lundi 18 février 2008

Daniel Walbidi : nos anciens ont besoin de peindre...

© Copyright 2002 Daniel Walbidi All Rights Reserved
Provenance : Short St GalleryCollection privée BROCARD II.

Souvent j'hésite à mettre en ligne des peintures aborigènes, excepté pour la communauté de Papunya et pour certaines oeuvres provenant de la Short St Gallery, dont j'ai reçu l'accord ou des encouragements. L'ensemble des créations aborigènes sont en effet soumises à des règles de publication et des droits d'auteurs rigoureux. Prenez par exemple l'acheteur d'une peinture. Il peut disposer de la toile à sa guise mais ne possède pas le droit à l'image associé à cette création. Elle reste la propriété de l'artiste et de sa communauté, tout du moins de son vivant.

Un collectionneur ne pourra pas éditer un catalogue de sa collection sans rechercher l'accord des différents peintres. Cela devient encore plus compliqué quand les artistes sont décédés. Leur photo ou celle de l'oeuvre pourrait offenser leurs proches, ou perturber les périodes de deuil.

Il existe bien entendu des dérogations, pour assurer la promotion de l'art aborigène ou la vente des peintures, en particulier dans les nombreuses galeries en ligne sur internet. Sur ce blog, aucune peinture n'a réellement vocation à être vendue. Je cherche juste par une mise en perspective à partager une passion pour cet art si singulier, pour ces hommes héritiers des premiers mythes de l'humanité, pour ces populations abandonnées dont l'art est une des planches de salut.
Acheter une oeuvre à une communauté ou provenant d'elle, permet ainsi de soutenir les efforts de développement des aborigènes d'aujourd'hui. N'y a-t-il de plus beau témoignage que ces supports transmettant une partie des signes tangibles de leur savoir, avec discrétion, en préservant leur secret, dans l'harmonie des éléments, avec une densité spirituelle ?

Cette semaine, je viens enfin de recevoir cette peinture de Daniel Walbidi, un jeune artiste déjà évoqué sur le blog à différentes reprises, ici, ou là, ou bien encore sur ce dernier billet. La toile mesure 180 x 63 cm et fut présentée dernièrement lors d'une exposition solo de Daniel dans l'espace Mary Place à Sydney. Son travail des couleurs autour des fleurs et des algues de la côte, la délicatesse des points entre sable et pétales, la vision topographique des espaces traditionnels de sa communauté, s'expriment tous dans une dynamique et une composition ré-inventée fascinante.

Un article fort intéressant du journal "The Australian" vient d'être consacré à Daniel il y a deux semaines : our old people need to paint... Un jeune mouvement vient de naître.

mercredi 28 novembre 2007

Exposition à Sydney des oeuvres de Daniel Walbidi

Aujourd'hui, une belle exposition vient d'ouvrir ses portes à Sydney, à la Mary Place Gallery. Celle-ci est organisée par la Short St Gallery de Broome et présente des tableaux de Daniel Walbidi. Il m'est difficile de m'y rendre mais certaines oeuvres sont présentées en ligne sur leur site internet. A ne pas manquer. Le talent de ce jeune artiste déjà présenté sur le blog (ici, là, ou là) est absolument fascinant à mes yeux.

SHORT ST GALLERY IN SYDNEY

in association with Warmun Arts presents
MABEL JULI
AND
DANIEL WALBIDI, featuring works by Jan Billycan

@ Mary Place gallery
12 Mary Place, Paddington, NSW

If you are unable to attend, the exhibition can be viewed online at
www.shortstgallery.com

mercredi 19 septembre 2007

L'émergence d'un artiste aborigène : Daniel Walbidi

Attendre une peinture... C'est bien souvent un terrible moment. L'inquiétude que celle-ci ne parvienne pas à destination. Que la douane toujours zélée bloque le dossier. Pire qu'elle renvoie l'oeuvre, les courriers pour honorer les taxes ayant été égarés. Bref il existe sa part de logistique et tous les tourments autour.
Mais peut-être la plus troublante appréhension est celle de la toute prochaine rencontre avec l'objet. Certes vous l'avez observé sous tous les angles, à travers des photographies, en basse et haute résolution. A l'aide d'outils comme photoshop vous avez même parcouru les plus infimes détails pour être certain avant de décider. Et oui c'est cela internet, les achats à distance. Imaginez, recréer le tangible à travers le virtuel pour forger son opinion, être capable de passer à l'achat.

Et puis voilà. L'heure de la rencontre approche. Un moment presque fébrile où vous déballez le tube, carton ou caisse. Et enfin vous déroulez la toile. Silence. Surprise. C'est enfin l'objet désiré.

Rarement j'ai été déçu. Bien plus souvent sous le charme. Telle une retrouvaille comme si nous nous connaissions depuis longtemps. Puis apprenions ensuite à nous apprivoiser. Car l'art aborigène n'est pas un art facile, immédiat, implicite pour nous occidentaux. Il demande bien souvent une introduction, une progression vers ses différentes dimensions. Certes il y a des coups de foudre immédiats pour un style particulier. Ils seront ensuite vecteurs vers d'autres formes, communautés, jeux de couleurs. Un peu des passeports vers d'autres mondes.

L'illustration choisie pour ce post n'est pas innocente. J'attends cette peinture du jeune artiste Daniel Walbidi, de la communauté de Bidyadanga évoquée dans d'autres nouvelles :
- Innovation et rupture chez les Bidyadangas
- Artistes de Bidyadanga à découvrir


Ici l'artiste évoque sa terre natale et réinvente de façon innovante les codes couleurs de la communauté, avec une palette magnifique autour des bleus, verts, soulignant les nuances subtiles du bord de l'Océan. Un endroit propice à la vie où la communauté de Bidyadanga s'est réfugiée après de terribles années de sécheresse.

Comment se passera cette première rencontre ? ;-)

© artiste Daniel Walbidi, communauté de Bidyadanga

mercredi 11 juillet 2007

Art aborigène : artistes de Bidyadanga à découvrir


Quelques sujets marquants cette semaine. Surfant sur le web pour développer mon regard critique sur l'art aborigène, rechercher d'éventuelles toiles, de nouveaux talents, je suis tombé sur un article fort intéressant du Financial Times : "Tribal Landscapes" du 7 juillet dernier.

Il met l'accent sur la reconnaissance de l'art aborigène de plus en plus marquée dans le monde avec un intérêt soutenu des collectionneurs dans le domaine privé ou public. Le journal évoque également quelques records de ventes aux enchères toujours impressionants...

Et surtout ils mettent l'accent sur la communauté "Bidyadanga", où émergent de jeunes artistes aux talents extraordinaires comme Daniel Walbidi.

J'en discutais en début d'année avec une spécialiste d'art aborigène (collection SAM BARRY), dont une partie de la collection avait été vendue chez Sotheby's il y a quelques temps.

Elle venait juste d'acheter deux toiles, dont certaines majeures par leur taille et la qualité des motifs, autour de combinaisons bleutées, vertes, rouges, soulignant la richesse des effets de l'océan et des fleurs bien présents sur les terres où la tribut a trouvé aujourd'hui refuge.

Le prix des tableaux de cet artiste ne cesse de croître bien malheureusement pour nos budgets.

Je reviendrai là-dessus dans de prochains posts.