mercredi 7 avril 2010

Les lichens, mathusalems du minuscule

© Photo de l'auteur du blog.
Sommet autour de l'Ubaye. 2009

Lorsque l'eau du bouillon primitif s'est retirée, il n'y avait rien. Point de poussière, de sable ou d'humus. La roche restait nue, soumise aux éléments, sollicitée par les infimes particules de vie dans l'air ambiant.

Les lichens apparurent. Seuls végétaux pendant des millions d'années, ils se régalaient des oxydes. A leur rythme, presque immobiles, dans l'infiniment petit ils se livraient des combats impitoyables. Sensiblement, le lichen orange tel un joueur de Go, s'avance sur le terrain du lichen nacré. D'autres jaunes, bleutés, gris, ou marrons vont abandonner le terrain. Ils sont les Mathusalems du minuscule.

En ces temps immémoriaux, l'art s'invitait sans aucun moyen au cœur de la première nature. Les compositions subtiles du lichen offraient encore un écrin à une terre en devenir.

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