mercredi 7 avril 2010

Alexandrie : la rue sociale s'efface devant l'avenue anonyme

© Photo de l'auteur du blog.
Alexandrie. Egypte. 2007.

Quartier arabe d'Alexandrie. Hier florissant. Aujourd'hui dépassé.

Les maisons typiques du XVIIIe siècle cèdent la place à des immeubles informes, immenses, jamais terminés, instables, sorte de lexique chaotique des cités émergentes.

Une ville efface l'autre, comme si son passé était trop lourd et indigeste.
L'homme s'y lasse des ruelles, aspire à plus d'espace, à l'empilement impersonnel des surfaces. La rue sociale s'efface devant l'avenue anonyme. Le citoyen s'y transforme presque en zombie urbain.

Un instant reste le témoignage d'un mur, d'une palette vive de bleu, vert et jaune. Cela respire encore la gaité d'un intérieur douillé, d'une famille choyée, d'un bâtiment accessible.
Pierre après pierre, les hommes s'affèrent à réduire et détruire. Plus haut sur un balcon, un autre admire le spectacle.
Deux visions du monde s'affrontent. L'une aux prises avec les réalités, dans la transformation. L'autre déjà distante, indifférente à ce qui touche si bas.

Le ventre des villes avale et digère tout. La modernité y vampirise ici le moindre espace.

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