samedi 18 avril 2009

Emergence d'un nouveau talent dans l'art aborigène : Lydia Balbal


© Artist: Lydia Balbal 2009 (Gjinabalyi/Wugubalyi) with the courtesy of Short St. Gallery, Broome.Dimensions: 152.5cm x 152cm. © Collection privée Brocard-Estrangin


La puissance de créativité et la grande fertilité du mouvement artistique aborigène a de quoi étonner dans le monde de l'art contemporain, fort de ses nombreuses communautés artistiques, aux histoires et cultures contrastées.

Les aborigènes d'Australie ont des connaissances à transmettre. Un certain nombre de peintres le font avec inventivité. Le regard neuf des jeunes générations sur leur histoire, offre une sorte de renaissance respectueuse des mythes, de ré-invention des codes picturaux portés sur les toiles. L'approche plus traditionnelle des anciens permet la transcription fidèle, appuyée des rêves, avec la découverte de styles plus personnels délivrant des interprétations plus spécifiques.
Ces conjugaisons entre générations offrent au collectionneur un vaste terrain de chasse, sans cesse surprenant.

Chaque année, au sein des communautés aborigènes émergent de nouveaux talents. J'évoquais dans les derniers billets la reconnaissance de plus en plus large du jeune artiste Daniel Walbidi.
Aujourd'hui je souhaiterais mettre l'accent sur Lydia Balbal, une autre artiste de sa communauté.

Elle est née dans le bush où elle a résidé jusqu'à l'âge de 12 ans. A cette époque, autour de 1972 sa famille vivait dans le grand désert, sans avoir été encore en contact avec "l'homme blanc".
Il y a un an, Lydia a décidé de se lancer dans la peinture. Comme Daniel Walbidi elle contacta la Short St. Gallery à Broome, et tout de suite elle se mit à peindre avec vigueur des toiles au pointillisme gras et dispersé, avec des masses de couleurs structurées par le rythme de la terre de son désert.

Pour Emily Rohr, directrice de la Short St. Gallery, "sa liberté dans ses peintures lui vient de sa forte relation avec la société traditionnelle... Elle traduit ce qu'elle connaît d'une nouvelle façon...". Source : The Australian.

La peinture de Lydia Balbal offre un nouvel éclairage sur la culture du désert. Ses ensembles de couleurs se répondent entre eux à travers la toile, suggèrent les roches du grand désert, les lignes entre les dunes de sables, les mouvements invisibles de la terre, la présence d'eau souterraine indispensable à la vie. Ainsi dans une peinture structurée, plusieurs niveaux de lecture visibles et sacrés s'offrent au regard.

Pour Abi Temby, manager du studio de création de la Short St. Gallery, quand Lydia réalise une peinture "... elle va assez vite avec un réel sens de ce qu'elle couche sur la toile... Elle transcrit ainsi une façon de voir son pays...".

Je reste également assez subjugué par cette réelle spontanéité et fraîcheur dans le style, en connexion direct avec une histoire nomade récente, gardant intacte la connaissance du désert, avec une volonté marquée d'en partager une partie dans des oeuvres abstraites et sensuelles. Une artiste à suivre.
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