dimanche 17 juin 2007

Au delà des peintures : une terrasse gourmande


Quand on ne s'abandonne pas aux joies de la collection sur d'autres rives lointaines, rien ne vaut un peu de jardinage en terrasse pour se reconcilier avec la nature.
Un jardin gourmand avec quelques framboisiers, un jeune figuier, des groseilles à maquereaux, des tomates cerise en devenir, l'arbre argenté de Provence qui cette année encore donnera des olives...

Un ami me disait qu'une terrasse n'avait rien à voir avec un jardin. Au sol, en connexion avec la terre les arbres communiquent avec les forces télluriques, et de leurs vibrations transmettent cette résonance aux hommes. Il lui arrivait souvent d'ailleurs d'embrasser les arbres...

Alors que la terrasse est comme suspendue, déconnectée du sol, de la puissance minérale. Un peu comme un accomplissement de la maîtrise de l'homme sur la nature. Mettre en pôt, conditionner, suspendre la nature. C'était un peu comme l'orgueil inouï des Babyloniens avec les jardins suspendus. Le summun pour affirmer la tout puissance de l'homme et son affranchissement de mère nature. Ils n'étaient d'ailleurs probablement pas à Babylone mais bien plus certainement à Ninive.

Ah, partir quelques jours et revenir impatient de découvrir les fruits du jardin, les grappes de Muscat de Hambourg presque à maturité. Une terrasse comme un petit verger, s'avère au fil des saisons comme un espace privilégié d'évasion et de retrouvailles.

Dons son coin, un petit bonzaï plein d'espoir évoque les pentes des Alpes de Hautes Provence. Ce tortueux mélèze avait été épargné par les troupeaux en transhumance, grignotant chaque été les jeunes pousses avec délice. Plus au sud, le cyprès raconte le chant des cigales. A son pied quelques graminés disséminées dans les bacs ondulent au gré du vent et de leur chevelure carressent le temps.

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