lundi 12 mars 2007

Aboriginal art : le cycle des chants Tingari par Tony Tjakamarra

© Tony Tjakamarra, with courtesy of Papunya Tula Artists.© Collection privée Brocard-Estrangin


Retour à l'art aborigène après ce périple au Niger, pour vous présenter une oeuvre magnifique de la communauté de Papunya. L'artiste Tony Tjakamarra y représente le Rêve de l'Eau, dans les territoires Australiens tout autour du lac Mackay.
Il y a fort longtemps, à l'époque mythologique des Rêves, les hommes nomades Tingari entamèrent un long voyage au sud du site de Wilkinkarra. Ils étaient accompagnés par des novices, entonnant les cycles des chants tout au long de l'itinéraire, sur des milliers de kilomètres. La mélopée résonnait d'un bout à l'autre du pays traversant jusqu'à 80 langues différentes, aussi bien chantée par les femmes que par les hommes. Mais ces sonorités restaient reconnaissables par tous, comme appartenant à une mémoire partagée.
Certains évoquent aujourd'hui les capacités télépathiques du peuple aborigène, d'autres les codifications infiniment subtiles de ces intellectuels du désert pour expliquer cette continuité musicale.

A la fin du voyage les hommes organisèrent des cérémonies sur le site de Ngutjun, honorant les lieux, formant les plus jeunes.
Le cycle Tingari, transmis de générations en générations, garde toujours une grande partie de ses mystères pour les occidentaux profanes. Et il suscite des questions.

Autant nous avons chez nous, livres, revues, documents qui véhiculent notre savoir éphémère. Autant ils n'ont rien ou pas grand chose, si ce n'est cette culture orale, cette pensée élaborée, avec patience, dans le rythme, la pédagogie de la marche et des chants, éternellement répétés sur des milliers d'années. Sans l'écriture Platon ne serait plus. Avec l'écriture nous avons peut-être tout oublié.

La photo de cette oeuvre de Tony Tjakamarra est présentée sur le blog avec la ‘Courtesy of Papunya Tula Artists Pty Ltd’.
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