jeudi 25 mars 2010

Nouveaux talents aborigènes: Lydia Balbal de Bidyadanga

Après trois mois d'absence, me voilà de retour sur la toile. Rien de considérable n'a changé. Du temps était nécessaire pour traverser quelques épreuves. Elles sont en partie derrière moi avec quelques artéfacts tout devant. C'est ainsi. Il convient d'avancer.

Durant quelques semaines ou mois je vais ré-ouvrir le blog car vous me manquez. Cette fenêtre sera ouverte encore quelques temps avant de trouver un autre chemin. J'y serais sans doute rare mais resterais très heureux de vous y retrouver, si vous êtes encore un peu là ?

Et oui. J'ai le sentiment de ne pouvoir garder pour moi toutes ces découvertes artistiques. Elles me dépassent, transforment mon regard. Ces communautés d'artistes m'invitent dans d'autres univers. Bien volontiers je m'y laisse guider, influencer. C'est un enchantement porteur de sens.

© Bidyadanga artists, Lydia Balbal, with the courtesy of Short St Gallery, Broome.165 x 115 cm.
© Collection privée Brocard-Estrangin


Leur langage pictural profond, leur grammaire des signes sacrés, les jeux de couleurs audacieux, parlent à une sorte d'inconscient. L'Australie est si loin, si mystérieuse, si mythique, que d'Europe il est si facile de l'idéaliser.

Un grand galeriste Australien rencontré il y a une semaine en Europe, me disait amusé, avec pétillance, "Il faut que tu ailles là-bas. Le meilleur moment c'est l'hiver en Juillet. Peut-être seras-tu déçu. Cela sera sans doute une fracture, mais aussi peut-être un enchantement... dans la torpeur du sable rouge du désert...".

© Bidyadanga artists, Lydia Balbal,
with the courtesy of Short St Gallery, Broome.

135 x 65 cm.
© Collection privée Brocard-Estrangin


Entre temps j'ai continué à traverser les communautés, et à revenir chez les jeunes talents.
Ils habitent leur époque. Ils portent tels des gardiens, cette résonance puissante avec l'histoire de leur peuple et une volonté marquée de construire leur futur. Leurs toiles traduisent ces élans, cette spontanéité presque insolente. J'y aime l'arrogance de leur créativité. Leur capacité, spontanément à revisiter des terrains artistiques mais avec une telle fertilité innovante.

Incontestablement, je dois vivre dans ce temps, écouter les battements de cœur de ces communautés aborigènes, plutôt que de courir après les artistes d'hier...

Dans ce billet j'aimerais partager avec vous un talent du côté de Broome, associé à l'ancienne communauté de Bidyadanga. Il s'agit de l'artiste Lydia Balbal, du même courant artistique que Daniel Walbidi déjà présenté dans le blog.

© Bidyadanga artists, Lydia Balbal,
with the courtesy of Short St Gallery, Broome.

160 x 115 cm.
© Collection privée Brocard-Estrangin


Son travail s'avère très intéressant et d'un fraicheur étonnante pour une artiste qui peint depuis juste deux ans. Sous son pinceau des paysages codifiés rythment la toile. Elle fut encore nomade jusqu'à l'adolescence et porte les messages de ce peuple chasseur-cueilleur dans ses créations.

La recherche de l'essentiel supprime tout superflu. Dans ces élans sur la toile nous pourrions être proches des inventions des figures des Cyclades en Grèce :
chercher à exprimer un maximum de choses avec une minimum de signes, dans une pensée épurée, affutée, intelligente, toute orientée vers la transmission du message.

Les mouvements alertes de Lydia Balbal guident les points, chahutés par ses combinaisons de couleurs, ses formes audacieuses signifiantes. L'ensemble captive et lui réserve je l'espère une bel avenir.
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