mercredi 15 octobre 2008

Signaux de la nature et créativité chamanique

Photo prise dans le désert de Libye. Massif de l'Akkakus, by Bertrand.

Les signaux de la nature inquiétaient les peuples nomades. Une inclusion dans une pierre. Un rocher à l'enveloppe curieuse. La forme d'une montagne. Le parcours d'une rivière. Leur regard passait des objets à portée de main, au grand lointain. Au rythme des pas, ils avaient encore le temps d'observer. Rien ne venait obstruer la vue. Point d'obstacles dans ces vastes plaines aux frontières du désert.

Certains hommes trouvaient dans ses marques, comme des muses éveillant leur inspiration. Ils y entendaient le souffle de l'esprit. Des messages pour leur intelligence. Des motifs possibles pour leurs créations. Un premier langage picturale.

Plus sensibles que les autres, ces hommes et femmes devinrent chamans. Ils savaient lire et associer ces signes aux évènements du quotidien, leur donnant un relief particulier, un supplément de sens. Cela rassurait leurs congénères face à l'angoisse du lendemain. Médiateurs avec les êtres suprêmes, ils adoptaient des codes, développaient des représentations, y épousaient les pas d'un artiste.

Quelles furent leurs réactions face à ce modeste brin d'herbe traçant un cercle au rythme du vent ? Ils regardèrent probablement cette forme parfaite. S'étonnèrent du mouvement du végétal. Prirent conscience d'un vent tourbillonnant. Observèrent l'ombre. Y lirent une direction, un moment du temps. Dans ce simple brin de paille se trouvait des gisements d'invention. Ils commencèrent sans doute par le reproduire sur le sable, tentèrent d'utiliser le même outil. D'un simple brin ils en firent ce qui deviendrait un compas...

Le cercle accédait ainsi à la conscience humaine. Son succès fut considérable dans les représentations figurant sur les parois des grottes, de l'Australie à l'Europe.
Bien plus tard, l'homme y distingua l'heure du jour...
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