vendredi 7 mars 2008

Mesures de grain et doléances, de la France au Yemen

Il fut un temps où chaque province avait ses propres mesures pour vendre ou acheter des grains. Où chaque Seigneur décidait de son étalon pour les taxes en fonction de sa cupidité... Où chaque meunier prennait quelques libertés pour pondérer l'efficacité de son labeur.

En France, les cahiers de doléances de 1789 conduisirent le peuple à réclamer plus d'équité quant aux jeux des mesures. Les exemples et citations sont édifiantes.
«L’ordre de la noblesse qui possède des biens à l’infini, loin de nous soulager, ne cherche que les moyens de nous accabler et de nous ruiner[...] On ne connaît point le poids ni la mesure des boisseaux avec lesquels les messieurs seigneurs perçoivent leurs rentes. Tel seigneur a un boisseau qui contient six mesures, tel autre sept, tel autre huit», demandait le Tiers Etats dans la région d'Angers.
«C’est enfin dans les marchés que les grainetiers s’entendent à verser les grains dans les mesures avec tant de légèreté que même la contenance ne peut s’y trouver», rajoutait le peuple dans la région d'Angoulème.

Dans d'autres régions du monde, les enjeux s'avéraient de même nature comme le souligne cette mesure à grain collectée au Yemen. L'écriture gravée dans le bois est particulièrement fine et travaillée toute en boucles et déliés. Le bois fragile, sans doute un coeur de palmier, a été renforcé par un cerclage en fer garantissant un usage plus pérenne.

De belles mesures à grain européennes au Musée du MEG à Genève.
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