lundi 21 avril 2008

De la meule au mortier en quelques millénaires

De la meule, même la plus ancienne, au mortier, il n'y a qu'un pas. Broyer. Ecraser. Réduire. Le principe reste le même. Des millénaires les séparent mais le mouvement persiste.

Je garde en mémoire, un petite plateau sous une grotte du Sahara Libyen. De nombreuses cuvettes dans le sol, circulaires, lisses, invitaient à passer la main. Des hommes du néolithique y préparèrent la farine, où d'autres ingrédients plus précieux, médicinaux.

Un creux nettement plus profond s'enfonçait de plus de 30 cm dans la pierre. Sans outil en métal, quelle patience avait-il fallu pour creuser la roche. Des jours, presque des semaines...

Quelle pouvait être son utilité ? Ce trou était bien trop profond pour moudre des grains. Par contre il devenait bien pratique pour un mettre un liquide. Nous avions peut-être en face de nous, l'ancêtre de la marmite ? Pas de feu dans l'âtre, absence de trépied, point de manche... Les mets étaient mis dans la cavité de pierre, remplie d'eau, puis des pierres chaudes se glissaient à l'intérieure. Les échanges ingénieux de chaleur permettaient de cuire les aliments.

Ce mortier fut chiné dans les Alpes de Hautes Provence, à Barcelonnette. Il n'existait pas dans le temps une cuisine sans son mortier. L'objet était indispensable pour préparer la soupe au pistou, l'aïoli et autres merveilles culinaires parfumées de Provence.
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