mercredi 2 janvier 2008

Retour d'Egypte

Voilà c'est décidé. Tel le sceau rouge de cette publicité de Coca Cola, une nouvelle résolution pour 2008. J'avais bien envisagé d'arrêter le blog. Mais je dois vous avouer que ces derniers temps il me manquait un peu. Après ces quelques jours en Egypte. Toutes les photos prises sur place. Les petits histoires glanées ici ou là, m'invitaient déjà au partage, à ne pas garder cela pour soi, à échanger plus largement avec vous.

Certes au départ du blog j'avais bien fait le tour d'objets étant passés un temps entre mes mains au fil des années. Avec cet enthousiasme pour l'esprit véhiculé par les objets et leur rôle de témoin sur la grande route de l'humanité. Mais bon il faut l'avouer le nombre de ces objets, proches ou plus lointains aujourd'hui, a également une limite.

C'est donc décidé. Je vais continuer le blog et essayer à partir du 8 Janvier, de passer à un message par semaine, en profitant d'un peu de répit le week-end pour les mises à jour. Quant aux sujets ils seront peut-être un peu plus variés : l'art aborigène à l'occasion car on ne renonce pas à ses passions, les objets bien entendu, quelques prises de vue singulières, uniques et anciennes, des récits de voyages au Moyen-Orient ou dans d'autres contrées... Et puis pourquoi pas, peut-être des sujets plus spécifiques que vous souhaiteriez voir traiter ?

J'entends déjà certaines questions par rapport à l'image illustrant ce post ? Pourquoi dans ce blog choisir une icône publicitaire si décalée par rapports aux autres objets nomades présentés ? C'est presque une injure diraient certains ? Il est vrai que j'ai un peu hésité. Mais bon je me suis laissé séduire par cette grande tôle émaillée, surtout avec ces magnifiques caractères arabes. Tellement d'ailleurs que je l'ai acheté il y a 2 jours chez un brocanteur d'Alexandrie. Elle ne fut pas simple à rapporter en avion avec ses 62 cm de diamètre.

Il y a un an, je rapportais d'Alexandrie un ventilateur SINGER des années 30 de plus de 15 kg. Pour mon "retour d'Egypte" ce coup-ci, il s'agit de cette pub Coca. En fait elle représente en tant qu'objet bien plus que cela pour moi. Elle évoque un autre périple en terre arabe. En Irak pendant l'embargo entre les deux guerres du Golfe.

A Baghdad, à Mossoul... on pouvait encore trouver des bouteilles de Coca-Cola, utilisée et ré-utilisée, mais avec un autre jus que le Coca. Une sorte d'Ersatz pas désagréable d'ailleurs. On peut s'interroger sur la stratégie marketing de la firme d'Atlanta. Les Irakiens avaient commis une faute et bien ils seraient privés de Coca ! Une pénurie bien plus large en fait tant il manquait de tout à cette époque. Visages émaciés, maigreur des corps. Maladies infantiles fatales. Hôpitaux sans aucun médicaments, même pas un tube d'aspirine ! Une misère généralisée. Terrible. Injuste. Révoltante.

Dans ce contexte j'imaginais la haine que pouvait ressentir ce peuple pour les pays imposant l'embargo, et en particulier l'Amérique. A l'occasion de différentes discussions dans des lieux non surveillés, à l'arrière d'un bus où le bruit du moteur couvrait nos échanges et considérations, nous découvrions que les Irakiens ressentaient au contraire des sentiments paradoxaux et partagés. Avec des réactions allant de la haine à la fascination inversement pour les USA, leur culture, leur style de vie, l'espoir d'un autre avenir, bref le mythe de l'American way of life.

Cette publicité de Coca Cola avec cette conjugaison de ces deux cultures, symbolisées par les caractères arabes et latins, offre un éclairage symbolique de ces jeux d'attraction et de répulsion, si complexes aujourd'hui au Moyen-Orient.

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