mardi 6 novembre 2007

Le temps du rêve des femmes Pintupi

© Ningura Napurrula, with the courtesy of Papunya Tula Aboriginal art.
Collection privée BROCARD II.

Depuis quelques temps je cherchais à acquérir une toile de l'artiste Ningura Napurrula. Mais les oeuvres proposées en Europe atteignaient des sommets. Les galeries exagèrent un peu. Mais bon il faut bien vivre et importer une peinture d'Australie, cela comporte des risques. La perte potentielle pendant le transport. Un choix non éclairé qui sera difficile à revendre en Europe et restera en stock des années. Une avance de trésorie. Et surtout le fait que c'est un enchaînement, les galleries en France achetant aux galleries en Australie, avec des marges qui s'accumulent. Je peux comprendre cette dynamique.

Ningura bénéficie d'une attention très soutenue depuis qu'elle a réalisé un des plafonds peints du Musée du Quai Branly. Une oeuvre remarquable de plus de 200 m2 qui consacre son oeuvre en France. Sur ce sujet, un post bien documenté à découvrir sur le blog de Will Owen, une référence sur l'art aborigène (en anglais). D'autres photos également sur le site Architecture Australia.

Né en 1938, Ningura commence à peindre en 1995 dans la communauté de Papunya Tula, en aidant progressivement son mari à finaliser les toiles. Puis au fil des années elle adopta son propre style.

Elle est finaliste en 2001 du 18th Telstra Art Award, une des plus grande récompense pour l'Art Aborigène.
En 2002, elle est également sélectionnée avec différents artistes pour réaliser des timbres de 1.10 dollars.

Je comprends cette fascination et l'enthousiasme que peuvent susciter les peintures de Ningura. Elles offrent une forte résonnance spirituelle et mythologique autour des rêves des femmes de la communauté Pintupi.

Dans la peinture présentée en haut, on retrouve dans les cercles concentriques, des pics rocheux. De leur côté les cercles rouges et noirs soulignent des trous d'eau. Les lignes verticales suggèrent des tresses de cheveux qui couvrent les femmes lors des cérémonies d'initiation. Les arcs de cercle combinés invitent à embrasser du regard les dunes de sable de cette région du désert.
Deux femmes sont également présentes, symbolisées par deux U se faisant face. Il pourrait s'agir d'hommes mais le baton noir et les deux plus petits de chaque côté confirment les outils dédiés au sexe faible : le baton pour fouiller le sol, et les coolamons pour récolter les baies et racines, véritable richesse du bush Australien.

Cette grammaire visuelle reste volontairement peu accessible au néophyte. Cela doit être respecté. Ces mythes donnent une vibration assez unique à l'ensemble de la composition, très douce, atténuée par les touches multiples de points blancs offrant comme un écrin au rêve puissant d'une outstation de la communauté de Kintore.

En savoir plus :
- Papunya Tula (Wiki) & Papunya Tula community (gallerie)
- Un intéressant blog Français que je viens de découvrir : peinture aborigène d'Australie
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