jeudi 22 février 2007

Niger : Agadez, "le phare" Touareg

Après un périple de 15 jours, me voilà de retour du Niger. Il y a trois jours nous decouvrions la mosquée du XVIIIe siècle dans ses plus intimes détails. A l'inverse des bâtiments phares de l'Islam richement ornés, décorés par les plus grands artistes, celle-ci avec ses murs en terre brute, rongés par les pluies, recouvert par endroit à la chaux, donne l'image d'un Islam humble, tout dans l'intériorité d'une relation avec Allah.

L'Iman, nous invita à visiter l'ensemble des salles de prière, comme celle privée du Sultan d'Agadez. Les portes basses arrivent à la poitrine comme les linteaux entre les piliers et contraignent chacun à s'incliner, la tête baissée. Un effacement qui se conjugue avec l'architecture épurée, telle une invitation à la contemplation. J'avais ressenti cette même impression dans l'Eglise de Bethléem il y a quelques années en pélé.

De son côté le mirhab, petite niche indiquant la Mecque et vers lequel converge tous les croyants reste ici le plus dépouillé possible aux antipodes de celui de la mosquée de Cordoue. Blanc, tout en retrait dans le mur, il se remarquerait à peine. Cette discrétion est touchante et renforce encore sa présence. Dans toutes les salles qui ne se visitent pas des milliers d'hommes peuvent prier ensemble dans la pénombre plusieurs fois dans la semaine. Le haut du minaret attire par contre de son côté de nombreux touristes comme la terrasse de l'hôtel de l'Aïr d'où la vue est magnifique sur la Mosquée.

Des retards d'avion nous permirent de profiter de la ville durant deux bonnes journées. Achat de criquets grillés, de quelques bijoux, d'étoffes Peules "boroboros", de tissus africains cultivant l'abstraction, de quelques vieux outils d'un autre âge. La ville nous apportait un étonnant sentiment d'intimité après un voyage dans des contrées plus minérales, volcaniques ou désert de sable. C'est une autre histoire...
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