mercredi 10 janvier 2007

Transhumance : un monde nomade

" Il faut aller au-dessus des nuages pour trouver du boulot". Depuis cinq jours il n'avait croisé personne dans les Alpes. Son troupeau se trouvait à deux heures de marche sur les pentes. A grignoter l'herbe grasse avant l'arrivée des première neiges mi août.

Anes, patous, chèvres, moutons, la grande famille de la transhumance accueillait en chemin, faisant la fête aux hommes de passage. Dans la solitude des sommets. Juste chahutée par quelques loups.
Il y a quelques jours, l'homme recevait un fusil pour lutter contre eux. La nuit précédente, l'âne sentit la bête, sonnant l'alarme. Pour l'effrayer il avait tiré.

Le berger changera bientôt de versant. Du haut vers le bas, comme un peigne, le troupeau grignotera la montagne. Les chèvres gardent la mémoire du chemin et guident les moutons de leur bourdons. De l'adret à l'ubac, les chiens les rassemblent et taquinent les jarets.

L'année prochaine il reviendra, comme les anciens avant lui. La transhumance habite toujours les lieux. Donne vie aux parois minérales. Rythme le temps. Discute avec notre histoire du chant de leurs cloches. Il y a comme une fascination rassurante dans ces cycles renouvelés, immuables. Si proches et presque oubliés au coeur des Alpes.
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