Cet objet souligne la rencontre de différents univers. La pierre a été travaillée, polie, lustrée par des années d'usage. Elle fut une hache, outil ou objet votif des peuples disparus du Sahara.Des millénaires après le néolithique, la finesse du grain invite un artisan Touareg à la sertir. Une autre culture nomade offre une nouvelle vie à l'objet. L'objet devient presque carrefour de civilisation, machine à remonter le temps.
Argent, et cuivre jaune enserrent la hache dans un jeu complexe de motifs géométriques. L'ensemble suggère comme un petit personnage doté d'une tête en forme de boucle, d'un buste ciselé, d'un large boubou sombre marqué par la pierre. Au dos figurent des caractères Tamatchek accompagnés d'une étoile à 6 branches.
L'objet a quitté le monde des outils et s'affiche désormais comme un bijou doté d'une dimension supplémentaire, symbolique, comme un gri-gri avec une portée magique.
Une combinaison de symboles, des interactions sur des millénaires, des correspondances entre peuples nomades... Autant d'éléments porteur de sens, donnent de la profondeur à cet objet. Je n'hésitais plus et proposais d'acheter ce bijou porté par un Touareg dans les rues d'Agadez.





A quelques pas, apparait un magnifique couteau en silex taillé, jouant avec les veines de la pierre, sans hasard, dans une recherche presque artistique. Ce sont les seuls objets encore visibles. Au moment de rebrousser chemin, dans une matière noire, proche de l'obsidienne, une grande hache en silex taillé se détache du sable doré. Rien de polie pour l'instant. Nous sommes sans doute un peu avant le néolithique sur un lieu de campement provisoire.