vendredi 9 août 2013

Transhumance des Alpes : concert des cîmes inattendu

Transhumance. Italie. Colle de l'infernetto (2900 m). Photo de l'auteur.

En pôle position se trouvent les chèvres. Elles ont gardé la mémoire du chemin, d'une transhumance à l'autre. Habiles, elles caracolent en tête sur les rochers, et cherchent toujours le point culminant pour dominer le troupeau de brebis. Les chiens patous, goguenards ne sont pas loin.

La pente est raide, bien plus que la photo ne le laisse suggérer. Certaines brebis, au pas pesant se mettent à genoux pour continuer à gravir ce raidillon. Le colle de l'infernetto approche des 3000 mètres d'altitude.
Nous sommes bloqués pendant 20 bonnes minutes dans une position instable, le temps de laisser passer ce vaste troupeau de 700 têtes.

Dans un concert de bêlements nous mesurons leurs efforts pour passer ce cap, avant de redescendre de l'autre côté de la montagne vers des alpages gras pas encore grignotés.
Le chemin en zigzag, assez vertigineux, agrémenté de câbles en acier pour se tenir au dessus du précipice, disparaît sous les pas du troupeau et les déjections animales.

Certaines brebis marquées au pochoir, ou vêtues de simple tâches de couleurs, soulignent l'assemblage de troupeaux de propriétaires différents, dans cette grande aventure de la transhumance.
Les Alpes Italiennes ou Françaises accueillent depuis des millénaires ce cycle nomade de l'été, de juin à septembre, de la fonte des premières neiges, à l'arrivée des gelées.

Le tintement des cloches attachées aux cols des animaux les plus vieux, dont la mémoire guide l'ensemble, offre un concert des cimes des plus inattendu.

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