vendredi 8 mars 2013

Journée internationale de la femme : une collection d'art Aborigène sans égalité

Art Aborigène : Weaver Jack
Portrait intérieur, mémoriel et territorial de l'artiste Weaver Jack. 
150x150 cm. © Collection Brocard-Estrangin.

Quand je regarde dans le rétroviseur dix ans d'aventures dans l'art Aborigène, je me suis finalement intéressé principalement aux artistes femmes. Ce choix ne fut pas intentionnel, ou même conscient, mais il est intéressant de le noter en ce jour de fête. J'étais invité à rediger un texte par Solenne Ducos Lamotte, directrice d'IDAIA à Sydney, pour son organisation. Je le reprends ci-dessous. Celui-ci fut également diffusé sur Facebook à l'adresse suivante.

Mes premiers pas furent naturellement orientés vers la communauté de Papunya, interpellé par cette grammaire picturale signifiante et presque monochrome. Ensuite, j'ai suivi un chemin vers un nouveau monde de plus en plus habité par la couleur.

Avec un oeil neuf, en éveil, 
je cédais aux charmes des créations des artistes "déesses mères" Aborigènes. Leur audace m'entraîna à la découverte des communautés d'Utopia, de Bidyadanga, en passant par Balgo, Tjala, Mangkaja… ou Warakurna.

Je crois que les peintures des femmes offrent une vision tout à fait particulière de l'univers aborigène. 
Outre leurs représentations de la part féminine des mythes et du "temps du rêve", elles nous racontent des itinéraires ancestraux de collecte de baies, plantes, tubercules du désert. 
Ces éléments nourriciers figurent sur les toiles, extrapolés, transfigurés ou dupliqués, dans de réelles ruptures et inventions. Fruits tangibles et spiritualité se tutoient ainsi sur la toile, dans l'alimentation du corps et de l'esprit et traduisent le lien fort à la terre avec une certaine pudeur contenue.
Leurs talents de coloriste réinventent les lieux dans un langage pigmenté, sans mots, et ouvrent plus spontanément nos portes intérieures à des émotions d'un autre temps. Il y existe une sorte de poésie de l'absence, des lieux d'origine disparus, de ce cordon ombilical à la terre, en véritable harmonie avec notre terre.

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