mardi 7 février 2012

Lire un message granuleux des premiers temps

With the courtesy of Papunya Tula Artists.
Pirrmangka Reid Napanangka. 60 x 60 cm.

Avant le lin, les seuls supports pour peindre étaient des plus rudimentaires au coeur du désert.
Il fallait bien utiliser les rares matériaux disponibles. Le simple sable sur le sol gagnait des châssis sans limite. La peau humaine offrait aux créations picturales des vibrations et des textures veloutées incomparables. Elles donnaient vie aux mythes aborigènes, comme à l'occasion des initiations des plus jeunes.

Dans cette peinture de Pirrmangka Reid Napanangka, décédé en 2005, apparait au centre le trou d'eau de Tjilarnga, situé au sud de Lupul, dans la région de Kintore.
Sur les côtés du tableau sont suggérées à la fois les dunes de la région, comme les compositions de cheveux tressés couvrant le pubis des femmes lors des cérémonies.

Il doit s'agir ici d'une cérémonie féminine. Quelques symboles soulignent en effet la présence de 4 femmes en forme de U. Elles s'y distinguent des hommes en étant accompagnées de leurs outils traditionnels : le bâton à fouiller le sol et le coolamon, sorte de panier à provision destiné à la récolte.

La matière est assez épaisse sur la toile et donne un relief particulier à cette composition. D'une certaine façon on peut percevoir que l'artiste à chercher à se rapprocher des œuvres dessinées sur le sable de son pays natal. La main semble y lire un message granuleux comme aux premiers temps.
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