samedi 2 février 2013

Invention de lumière sur une déesse mère du Sahara

Déesse mère du Sahara néolithique. 
© Collection privée Brocard-Estrangin
Observez la façon assez unique dont la lumière joue avec les formes de cette déesse mère du Sahara. Vous pouvez y deviner les bras croisés dans le dos. Les seins ourlés par les ombres sortent renforcés sur le buste généreux. La lumière ébauche avec subtilité le démarrage et le galbe des cuisses tandis que le pubis se devine à peine dans le contraste apporté.

J'imagine volontiers l'homme du néolithique africain qui a façonné cette idole vers 8000 ans avant Jésus-Christ. Au fil de ses pérégrinations  il a recherché la pierre la plus proche de la forme finale envisagée. Il avait une idée forte en tête. L'image idéalisée de cette femme habitait son esprit. Avant de commencer son ouvrage, il en avait conceptualisé les étapes, les formes à envisager.

Il a commencé à tailler la pierre de façon un peu grossière, sans outil en métal, juste avec d'autres pierres moins friables. Pour affiner les formes, il a sans doute utilisé des percuteurs en os.
Ses journées étaient bien denses entre la chasse, la pêche dans les derniers lacs persistants du Sahara, ou le gardiennage des premiers troupeaux. Sans doute s'adonnait-il à la sculpture le soir au coin du feu.

Il devait ne pas être loin du foyer pour y voir quelque chose. La lumière léchait les formes de sa sculpture. Je ne peux douter qu'il jouait avec elle, ajustant la taille pour renforcer les ombres sur les reliefs, et les courbes. Un soir il considéra le travail terminé. Il était temps de passer au polissage, en utilisant des pierres de différents grains et duretés, puis sans doute des poudres chargées en sable.

Un charme assez indéfinissable se dégage de cette statuette, dans un style assez différent de celle présentée il y a quelques temps sur le blog.

Enregistrer un commentaire