lundi 21 janvier 2013

Déesse mère du néolithique saharien

Idole "déesse mère" du néolithique saharien
© Collection privée Brocard-Estrangin
A l'occasion du BRUNEAF d'hiver à Bruxelles, je rentrais dans une galerie d'art premier, attiré par un tambour de l'île d'Ambrym. Vendu. Nous discutons de choses et d'autres avec le marchand, de ses périples en Océanie, au Sahara, en Afrique il y a 40 ans.
De magnifiques objets figurent chez lui. Presque un grand bric-à-brac. On est assez loin des galeries contemporaines mettant en valeur un objet tous les 3 m2.

J'aime cette densité, cette impression que l'on pourrait y passer des heures, que chaque coin est comme une fenêtre que l'on ouvre, avec des objets qui apparaissent dans la profondeur les uns après les autres. Certes il est possible de passer à côté d'une merveille. Les objets sont là, ils habitent le lieu, le temps de trouver un amateur. Qu'importe la période nécessaire pour cela.

Les ambitions de cash flow ne sont pas omniprésentes, avec un stock qui doit être mis en valeur et tourner, vite si possible. J'évoque avec lui mes périples au Niger, en Libye, au Yemen, en Irak et ailleurs. Nous avons le temps.
Il y a quelques années j'avais acheté quelques haches du néolithique chez lui. Et voilà qu'il me montre une idole en pierre du néolithique. Je m'étais juré de ne rien acheter, juste de faire le tour des galeries.
Mais devant cette petite merveille, je suis immédiatement séduit.
Les idoles comportent quelque chose d'indéfinissable, comme la spiritualité perdue d'un peuple, d'une période matriarcale de notre humanité. La pierre est polie avec une belle texture, les formes et courbes juste suggérées renforcent son caractère sacré.

Ces objets sont rares dans le Sahara. Pendant des siècles ils ont été détruits par les Touaregs, qui voyaient en eu des symboles maléfiques. Les dunes ont en partie préservé quelques témoignages par leurs fluctuations aléatoires.

Cette relative rareté explique sans doute l'absence de documentation sur ces idoles.
Elles sont néanmoins reconnues comme pouvant être des déesses mères, associées non pas au paléolithique comme en Europe, mais au néolithique sans doute le plus ancien, vers 7 à 9000 ans avant Jésus-Christ, en fonction des zones d'occupation du Sahara.

D'autres déesses mères de cette période, avec des formes néanmoins différentes, intriguent les archéologues. Elles mettent en lumière sans doute un Sahara néolithique qui n'a pas encore livré tous ses secrets.

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