mercredi 28 novembre 2012

Chasseur de rêves : belle expo d'art aborigène au Mans


De retour du Mans, je partage avec vous quelques clichés et commentaires sur une belle exposition d'art aborigène au théâtre de l'Espal de la ville. Jusqu'au 20 décembre prochain il est possible d'y admirer des toiles de différentes communautés aborigènes.

Sélectionnées par Luc Berthier, directeur d'une galerie d'art aborigène et d'art premier homonyme, elles sont rassemblées sous un magnifique titre : "Chasseur de rêves". J'aime ce nom, conjugaison des chasseurs cueilleurs et de cette quête entretenue autour du rêve.

© Photo de l'auteur du blog.  

Sur ces deux toiles de l'artiste Dorothy Napangardi, je dois avouer préférer celle de gauche. Ce maillage délicat de points, de chemins enchevêtrés, d'effets de volume, reste vraiment caractéristique de son style. Par endroit la densité des points s'atténue et invite l'imagination à prolonger le geste du peintre.

© Photo de l'auteur du blog.  

Il y a quelques années, sans doute en 2006, j'avais eu l'occasion de voir différentes toiles de l'artiste Minnie Pwerle chez Luc Berthier, dans sa galerie sur les quais de Seine.
Les teintes étaient surprenantes, dans une déclinaison de teintes sourdes, assez proche des pigments naturels. Ces jeux de couleurs semblent assez rares chez Minnie Pwerle et il était étonnant de les retrouver dans cette exposition du Mans.

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Dans une grande pièce du rez de chaussée, dédiée aux communautés du nord de l'Australie, j'ai particulièrement apprécié un triptyque de l'artiste Ramey Ramsey de Jirrawun Aboriginal Arts, sans doute d'il y a quelques années. Une réelle force s'en dégage. Depuis son style a évolué, les points ont disparu, les à-plats sont plus diaphanes. Mais il s'agit ici d'un très bel exemple.
 
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Difficile de passer à côté de ces deux toiles de l'artiste Shorty Jangala Robertson de la coopérative de Warlukurlangu. Immédiatement son style unique se distingue par ses ondulations complexes combinées avec des alternances de lignes droites ponctuées de points. Ses rêves autour de l'eau reprennent de subtiles teintes bleutées.

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Dans cette dernière pièce, se trouvent réunies des oeuvres de la communauté de Maningrida, sur la gauche. Un beau hollow-log (cercueil) par l'artiste John Mawurndjul, trône au millieu de la pièce. Ce tronc d'eucalyptus évidé par les termites sert de réceptacle à la poudre d'os des défunts, mélangé à l'ocre.

On ne peut pas manquer la rupture introduite sur le plan graphique par ce grand artiste. L'approche figurative a cédé la place à une complète abstraction déclinée dans des hachures symboliques également appelées rarrk. Ce grand maître dans cette coopérative a également inspiré son épouse Kay, sa fille Anna et d'autres artistes comme cela est visible sur les écorces peintes de gauche à droite.

Sur la droite de la photo, le gagnant du dernier Telstra Aboriginal art award, Timothy Cook, figure avec quelques toiles de différentes époques. Des exemples des comunautés de Tiwi, de Maningrida et de Jirrawun se trouvent ainsi rassemblées et nous donnent un aperçu de ce qui se fait de mieux dans le nord de l'Australie.

Je n'ai vraiment pas regretté la visite de cette exposition, avec ces toiles de qualité, offrant une provenance impeccable. L'importance accordée à la communauté de Maningrida souligne les partenariats noués de longue date par Luc Berthier.

Au delà d'Utopia, il y avait bien quelques toiles de Papunya avec de beaux exemples de Ronnie Tjampitjinpa, un des derniers fondateurs vivant du mouvement en 1971. Ou bien d'autres communautés comme Nyirripi et Yuendumu qui offraient des couleurs audacieuses dans les violets, d'un accès peut-être plus difficile.

Cependant certaines communautés plus émergentes et moins classiques sont absentes. Spinifex, Mangkaja, Warakurna, Tjala, Bidyadanga, que j'aime tant, n'étaient pas encore de la partie.

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