mardi 25 octobre 2011

Faire un choix : art contemporain aborigène

Tjukurla Pirni 2010 by Carol Maayatja Golding.
762mm x 1524mm: acrylic on canvas
© Painting copyright the artist.
© Collection privée Brocard-Estrangin


Certaines fois, je dois l'avouer j'hésite. Pour cette belle toile de l'artiste Carol Maayatja Golding, mon cœur balançait entre deux univers. Le choix s'avérait bien difficile entre une oeuvre poétique d'un côté et une autre création plus historique et topographique.
Les deux toiles de l'artiste étaient radicalement différentes, bien que juste distantes d'une année. La toile ci-dessus, avait été sélectionnée par le grand jury du 27th Telstra National Aboriginal & Torres Strait Islander Art Award. L'autre "plus facile d'accès" captait et séduisait le regard, d'une façon presque entêtante.
J'étais vraiment un peu égaré pour faire un choix éclairé...

Choisir une toile d'art Aborigène : entre investissement et projet artistique

Une logique d'investissement commandait de prendre un peu plus celle du grand prix Aborigène alors que mon enthousiasme et mon intuition m'invitait tout à fait ailleurs. La surprime à envisager pour une toile déjà présentée dans de grandes expositions s'élevait à près de 30%. La raison pouvait conduire à laisser parler son cœur et à ne point sombrer aux sirènes du marché. (L'artiste avait déjà été sélectionnée au 24th Telstra NATSIAA et entre temps restait toujours sous les feux de la rampe également en 2011 au 28th Telstra NATSIAA : http://www.nt.gov.au/nreta/museums/exhibitions/natsiaa ).

Presque une semaine plus tard, j'hésitais toujours, ce qui m'arrive bien peu dans ce monde toujours en accélération. Je décidais alors de considérer la toile au-delà de la représentation picturale, pour rentrer dans son histoire, sur le chemin créatif de l'artiste.
Comme pour beaucoup de toiles aborigènes, l'expression du peintre sur son œuvre est plus que sommaire. Il y existe comme une certaine pudeur contenue, le sentiment de quelque chose de sacré qui ne peut se transmettre, d'une émotion d'un autre temps presque indiciple aux non-inititiés. Je retrouvais dans ce texte(*) presque sans contenu une réelle poésie de l'absence, des lieux d'origine disparus, de ce fil rouge à la terre, à notre terre.

Cette poésie là était porteuse d'un sens particulier. Elle emporta mon choix sur l'œuvre picturale grandiose, avec un doute diffus toujours un peu présent. Il se dissipa tout à fait lorsqu'une amie fit le choix d'acquérir l'autre peinture convoitée. Je pourrais également la revoir à l'occasion, et rien n'est peut-être plus grand que la transmission d'une passion ?

(*) “My father was born at Tjukurla Pirni. I love this place as you can always get water. Many Tjurlpu (birds) used to live there. They'd fly around country collecting kampurarrpa (bush raisins). One day something happened and they finished. Perhaps the water ran out? You might still see them somewhere, but I can't tell you anymore”. © Text copyright Warakurna Artists.

Pour en savoir plus sur Warakurna artists :
Leur blog : http://thrivinginthedesert.blogspot.com
La galerie en ligne : http://www.warakurnaartists.com.au

Pour en savoir plus sur Carol Maayatja Golding dans les musées :
Art Gallery NSW



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