mercredi 28 septembre 2011

Audaces du premier peuple nomade condensées dans leur mouvement d'art contemporain

© Photo Bertrand. Toiles des artistes Harry Tjutjuna & Nora Wompi.

Je dois avouer une certaine frustration. Quand je sélectionne une toile d'art contemporain aborigène sur base d'une photo, je n'ai jamais la possibilité de ressentir la peinture, de l'embrasser entièrement du regard, de percevoir les nuances de la texture.

En fonction de la qualité de la photo envoyée, je découvre l'œuvre à distance, morceaux après morceaux, un peu comme si je faisais glisser une loupe sur une grande toile. Je deviens presque comme un satellite à la recherche d'une nouvelle image. Je parcours les galeries de ma lunette internet, je m'arrête sur quelques images, carré après carré, comme la cartographie satellitaire d'un monde vue du ciel.

Je m'envole à la recherche d'autres territoires, d'évasions picturales, dans un monde étrange aux codes inaccessibles.
De toiles en toiles, j'approfondis l'histoire colorée et vibrante d'un peuple nomade. Sans doute le plus ancien du monde. 50 000 ans avant tous les autres, il quitta l'Afrique pour l'Asie et l'Australie comme l'atteste ces derniers jours le séquençage ADN des aborigènes.
Leur audace, inventivité et curiosité, tous admirables pour entamer de si longs périples, se retrouvent aujourd'hui en partie condensés dans leur mouvement d'art contemporain.

Chaque peinture m'offre de prime abord un territoire pixellisé, puis vient le temps de la rencontre comme ce soir. D'un tube, je déballe des rouleaux. L'odeur de l'acrylique emplit la pièce conjuguée à celle du lin frais. Le beige du verso cède tout à coup la place à un foisonnement de couleurs, à la puissance d'un talent artistique. Hier l'image était froide et technologique. Aujourd'hui elle prend vie, occupe l'espace, offre les vibrations de la texture de la création.
Enfin ma porte s'ouvre aux artistes Harry Tjutjuna, et Nora Wompi. Respect !
Enregistrer un commentaire