mardi 31 mai 2011

Art Dogon : un RDV avec l'histoire dans un musée des commentaires



Après des mois d'absence je retournais il y a quelques jours au Musée du Quai Branly à Paris.

Je l'avais un peu délaissé ces derniers mois. Il fut pourtant une époque où j'y traînais mes guêtres dans les allées à la recherche non plus des objets que je commençais à bien connaître, mais des commentaires des visiteurs.
Le quai Branly, je le vivais bien plus comme un "Musée des Commentaires", bien vivant, toujours renouvelé par les réactions spontanées des hordes d'enfants, et les appréciations de temps à autres perplexes des adultes.
J'aime cette co-création de l'œuvre d'art dans cette tripartite entre l'artiste, le conservateur et le visiteur.

Dans les Arts Premiers, cela reste un peu particulier, l'artisan n'ayant pas toujours conscience d'être un inventeur d'art.
L'objet après des décennies, des siècles, acquiert une patine, du recul quant à son usage initial, un éloignement culturel confinant à l'abstraction. Il grandit dans l'absence de lien avec sa communauté. Il devient un formidable point d'interrogation sur un parcours d'humanité.

Les différentes pièces réunies pour l'exposition remarquable sur l'art Dogon (à visiter sans tarder), soulignent avec habileté ces fertilisations croisées entre cultures, ces capacités d'intégration de schémas plastiques, de mythes fondateurs... sur plusieurs siècles.

Une vraie leçon de vie au-delà des arts premiers. Un questionnement dans notre appréhension du monde contemporain.
Je reste sensible à ces statues pré-dogon, hiératiques, austères avec leurs bras levés, dans les tous débuts du Xe siècle, jusqu’aux réalisations plus récentes des maîtres de la Maternité et d'Ogol.

L'Afrique inventive avait là encore rendez-vous avec l'histoire dans la modestie de réalisations cependant remarquables.
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