jeudi 7 avril 2011

Lire les effets dans l'infiniment plus petit

@ Photo de l'auteur
Lichen dans les Alpes de Hautes Provence.

Quand je traversais Paris, je regardais à chaque fois les façades dans l'espoir de déceler un nouveau détail sur les pierres, dans une fenêtre ouverte, vers une lumière dévoilant un intérieur.
Un peu pour capter l'ambiance d'un lieu, mieux connaître ma ville, déceler des façons de l'habiter.

Ainsi je pouvais marcher des heures sans aucune lassitude. J'y cultivais un regard curieux bien qu'y vivant depuis plus de 30 ans. C'était ma façon à moi d'y ressentir le fait d'être parisien.
Encore aujourd'hui, j'en garde des impressions fortes, d'odeurs, d'images, de sensations...

A cette époque j'avais encore un regard assez vaste. Il embrassait un lieu. Au mieux il appréhendait certaines scènes sous l'angle d'un portait en pied. C'était déjà bien suffisant pour capter certaines nuances en photo mais tout un monde m'échappait encore.

Puis un jour, une de mes petites soeurs, élève en Ecole d'art m'initia aux effets dans l'infiniment plus petit, les textures des surfaces, les jeux des matières, les objets recadrés ainsi détournés.
Ce fut une révélation. D'autres dimensions à conquérir.

En marchant, il n'est pas simple de regarder les pierres, de prêter attention aux détails, de s'arrêter pour effectuer une mise au point, surtout quand le reste du groupe file vers les prochaines étapes. Le cliché pris, il faudra courir pour les rattraper...

Cet arrêt dans le monde macroscopique, le temps de passer la main sur la surface, de saisir ces multiples teintes, donne l'impression de démultiplier le temps et d'avoir presque rencontré quelqu'un au détour d'un chemin.

4 commentaires:

Détails a dit…

Un monde à part, celui des détails
mais un autre monde :)

Bertrand a dit…

Hello Sipane,

C'est juste. Un beau clin d'oeil à ton blog aussi, cette attention portée à l'architecture, aux squelettes de la ville...

A bientôt,
Bertrand

myriam a dit…

De temps en temps mon regard se perd dans cet infiniment petit qui est si grand si l'on prend le temps de l'analyser dans le détail, se dire que comme l'infiniment grand l'on ne parviendra pas à isoler l'infiniment petit ...

Bertrand a dit…

Hello Myriam,

C'est juste. Cet infiniment laisse songeur. Cela invite à aller flâner dans le monde mathématique des fractales. Où chaque figure, chaque partie est une image réduite du tout, à l'infini...