vendredi 29 avril 2011

Chute de l'art aborigène ?

Surprise ce jour. L'Art Media Agency (AMA) évoque une chute de l'art aborigène ! Les collectionneurs autochtones s'intéressent de plus en plus à d'autres formes de création artistique et investissent plus fortement en Chine.

Certes l'érosion du marché semblait perceptible à l'occasion de quelques ventes aux enchères dont les résultats mitigés avaient suscité une certaine déception des acteurs, comme chez Sotheby's Australia l'an passé.

De plus le marché de l'art aborigène semblait fléchir nettement entre 2007 et 2010, passant de 24 à 6 Mdollars en juste 3 ans. Le pic de 2007 semble aujourd'hui lointain et chaque année les artistes plus âgés disparaissent.

Certains évoquent une chute plus radicale dans les mois à venir... Faut-il s'en soucier ?

Le fait même d'avoir ce billet pourrait souligner ma sensibilité au marché. Il n'en est rien. Je n'aime pas cette logique de marché surtout pour l'art aborigène et cette culture déconnectée au départ des aspects mercantiles, tant elle a été épargnée par le Néolithique.

Je ne m'intéresse guère aux histoires de spéculations ou de plus-values. Ce qui compte en fait pour moi, c'est bien plus la création, les ruptures artistiques, la capacité d'innovation des artistes et les harmonies interpellantes...

Il est vrai que les achats de peintures sur une année s'incrivent dans un budget toujours trop limité, un des affres des collectionneurs et conservateurs de musée.
Voilà donc une bonne nouvelle que cette baisse du marché !
Nous allons retrouver plus de sérennité, des oeuvres de qualité, une production sans doute plus restreinte, et des prix plus accessibles qui pourront pondérer les effets plombants des taux de change très défavorables actuellement.

Elle pourrait cependant à plus long terme affecter la création artistique en détournant les jeunes générations de ce travail créatif en lien avec les origines, et des exigence de transmission à préserver, faute de subsides conséquents.

Aussi le rôle de l'Europe s'avère clef dans ce domaine en favorisant l'émergence de nouveaux collectionneurs d'art aborigène, comme en Asie ou en Inde.
Cette culture aborigène a un côté universel dans les formes utilisées, dans la grammaire picturale. Acheter une peinture s'avère bien plus qu'un simple achat d'art. Il y a un engagement, la subvention d'une culture et l'extraordinaire séduction d'une parole graphique multi-millénaires.

L'avenir de cet art doit se vivre également hors d'Australie dans la sensibilisation du reste du monde. L'organisme Austrade qui hier organisait et subventionnait des voyages pour les collectionneurs et conservateurs dans les communautés aborigènes devraient reprendre cette dynamique.

Des échos positifs et plus lointains aux USA se confirment également quant à l'intérêt pour l'art aborigène, avec des reconnaissances fameuses par les grandes institutions comme le MOMA ou le MET.
Une nouvelle polarité est en marche vers un marché plus vrai et je l'espère des oeuvres plus puissantes encore.
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