dimanche 24 octobre 2010

Peinture aborigène : liberté du geste et niveau 2


Jan Billycan, Kirriwirri, Yulparija Artists movement
with courtesy of Short St Gallery. Triptyque 183 x 91 cm
© Collection privée Brocard-Estrangin


  Jan Billycan voit le jour dans les années 30 sur sa terre natale d'Ilyarra, avant de la quitter dans les années 70 en raison de la sécheresse. Comme tous les membres de la communauté de l'ancien Great Sandy desert, abandonné, ils s'installent sur la côte à Bidyadanga prés de Broome.

Femme médecin très respectée, elle commence à peindre en 2003 dans le même élan porté également par le jeune artiste Daniel Walbidi.
Sa peinture reste assez secrète et exprime une combinaison entre le corps et la terre. Elle se réfère aux paysages de sa région et les représente sur les toiles afin d'enseigner cette carte mémorielle aux plus jeunes.

Comme nous l'évoquions avec humour avec une spécialiste de Sydney en art aborigène cette semaine, nous pourrions être ici dans une "peinture de niveau 2". Cette étrange formule viserait à souligner l'éloignement avec les peintures plus conventionnelles et attendues de ce mouvement artistique. L'absence du pointillisme caractéristique sans doute plus accessible, cède la place à une approche inventive signifiante où préside une explosion de couleurs aux rythmes balancés, ourlée le plus souvent par des lignes blanches perlées.

De mon côté, je reste impressionné par la grande liberté de son geste, l'assurance des traits gras aux teintes et pigments subtilement nuancés. En faut-il de l'audace pour bousculer ainsi les conventions, et affirmer avec maturité son individualité artistique.
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