dimanche 9 mai 2010

Relire les vérités des peuples nomades ?


Grand Nord, Grand Sud, Artistes Inuits, Artistes Aborigènes

Du 11 mai au 28 Novembre 2010
Abbaye de Daoulas, Bretagne.

Il fallait oser susciter la rencontre de deux cultures logées aux antipodes. Entre Artique et Océanie, des milliers de kilomètres séparent les Inuits des Aborigènes d'Australie. Cette distance considérable fut parcourue par les premiers hommes, au rythme lent des générations, depuis le berceau Africain il y a près de 150 000 ans.

Tout pourrait les séparer. Les traits de leurs visages, les pigments de la peau, leurs habitudes alimentaires, aussi bien que leurs pratiques culturelles.
Face aux immensités glacées, au désert rouge et étouffant, ces hommes "premiers" s'ajustèrent.

Il en fallait de l'audace pour survivre en ces lieux, y apprendre les codes, y lire les moindres signes propres à percevoir des nuances vitales. Le vocabulaire Inuit décline les multiples états de la neige et souligne cette densité des perceptions. De la même façon la typologie spatiale, historique, spirituelle des lieux aborigènes, témoignent de l'importance de la mémoire sur ces chemins de vie.

Là où l'homme moderne aurait apporté de la technologie, ils s'escrimèrent à ne conserver que l'essentiel pour développer d'autres formes d'intelligence, de perception de l'espace et d'évocation des esprits. Chamanisme, totémisme donnaient une résonance particulière, porteuse de sens, face à l'aléatoire auquel ils restaient soumis. Sur ces océans de sable et de glace, l'homme inventif, curieux, subtil a développé des parades pour assurer la subsistance des siens.

A l'inverse de nos "camisoles" matérialistes, ils ont gardé cette sensibilité dépouillée, primesautière des premiers hommes. Le geste de l'artiste accompagne spontanément un élan créatif affûtés par des sens à l'écoute des signes laissés par les anciens. Aussi bien en peinture, qu'en sculpture, ils nous invitent à relire les vérités des peuples nomades des origines, avec une grammaire picturale toute contemporaine.

L'art s'affirme pour eux, comme un moyen d'expression, un vecteur de reconnaissance et de subsistance, si ce n'est un passeport politique face à un monde tant gouverné par le recherche du profit et de l'éclat.

Ce lundi 10 mai, en Bretagne, dans la secrète Abbaye de Daoulas se tiendra le vernissage de l'exposition Grand Nord Grand Sud, Art Inuit - Art Aborigènes. J'ai hésité à faire le déplacement. Le dîner aurait été l'occasion de croiser d'autres passionnés d'Art Aborigène et d'échanger avec les commissaires de l'exposition sur l'audace de cette exposition.

Il y aura peut-être d'autres opportunités...
Sans y être néanmoins, je participerai tout de même modestement à l'évènement avec le prêt de 4 peintures, déjà présentées sur le site :
  • Trois oeuvres de Daniel Walbidi, ici, ou encore dans cet autre billet
  • Une toile de Yinarupa Nangala primée cette année.
J'imagine leurs derniers préparatifs ce soir, avant l'ouverture de l'exposition le 11 mai. L'éclairage à ajuster. La notice manquante à ré-imprimer. Les socles à vérifier. Les dossiers de presse à boucler. Les discours à peaufiner... Bonne chance et à bientôt cet été !

En savoir plus :
Abbaye de Daoulas
Pré-dossier de presse de l'Exposition
Dossier pour les enseignants
Enregistrer un commentaire