mercredi 7 avril 2010

Le blanc kaolin offre un dernier linceul à l'embarcation


© Photo de l'auteur. Coque de bateau à Alexandrie.

Dans ce vieux port d'Alexandrie, le chantier naval héberge encore quelques carcasses inertes et désarticulées d'anciens gréments. Leurs peaux portent les stigmates d'un soleil accablant et d'un sel intrusif. Les veines du bois grises n'ont plus de souffle de vie. Les planches d'hier, vermoulues et poreuses ne sont plus étanches.

Les artifices d'un maquillage de fortune révèlent un clou dont le cancer de rouille s'étend tout autour. Les traces de bitume ou un décapage à la chaleur trop marquée dégouline, tel les pleurs d'un rimmel de fin de soirée.

Un jaune pétard grime une carte fantaisiste des continents, ambition surannée de pêches mémorables ou de croisières au long cours. Quelques touches bleu invitent au voyage sur la Mare nostrum. Tandis qu'un blanc kaolin offre un dernier linceul à l'embarcation en perdition.
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