mercredi 7 avril 2010

Kairn : une ponctuation de géant

© Photo de l'auteur
Alpes de Haute Provence, vallée de l'Ubaye

Comme sur les tombes des justes, des passants disposent une pierre sur le kairn.
Lieu de passage, espace de vie, ce repère indique la direction, rassemble les indécis, invite à faire le point quand le sol se recouvre soudainement de neige.

Le kairn est ici un petit monticule face à une immense montagne d'un noble gris. Il montre morceau par morceau ce que la terre a dans le ventre, jouant avec les textures et les teintes multiples de la matière. Vert ou cendre, ce chaos minéral doit tout à la main de l'homme.
Il redonne courage quand les pieds et la volonté fatiguent, il invite à se trainer encore un temps, jusqu'à lui. C'est un peu la boussole des pauvres.

Le kairn signe l'espace. Certains sont au bon endroit, d'autres un peu pirates. Des lieux peuvent inspirer le quidam et de multiples monticules s'y érigent alors. D'autres sentiers sont pauvres comme Job. Le marcheur croit-il le deviner dans un caprice de la nature, mais ce n'est point lui, pas encore. L'oeil s'aiguise à sa recherche ? Mais où peut bien disparaître le chemin ?

J'aime dans ces kairns, ce langage de transhumance, cette ponctuation de géant, cette grammaire de l'effort perlé.
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