dimanche 2 août 2009

Un navire dans les airs


Il y a quelques jours je visitais la basilique Notre Dame de la Garde à Marseille. C'était en quelque sorte un pèlerinage avec un objectif : y retrouver les plaques familiales des anciens donateurs, dissimulées au milieu des ex-voto multiples et protéiformes.

Cela me rappela une autre vie. Celle où j'étais bedeau et étudiant en école de commerce. Nous ouvrions les portes d'une église parisienne, les refermions et affrontions l'inconnu comme l'accueil de sans papiers une année. Le nartex de l'église transformé en lieu de refuge comme dans la grande tradition romaine...

Les églises sont des lieux incroyables. J'aimais y flâner le soir, lorsque les portes étaient closes, y ressentir la ferveur des paroissiens quelques instants plus tôt, écouter une présence. Les musulmans ou animistes sans papier, étaient également sensibles à cela. Certes ils priaient dans le sens de la Mecque mais toujours en respectant le lieu et les célébrations. Il y existait comme une sorte de foi universelle.

Enfant, je crois m'être un peu ennuyé à l'église. Il y manquait des éléments tangibles qui parlent aux plus jeunes. Le rituel linéaire, de temps en temps itératif, capte assez peu l'attention d'un jeune esprit.

Cela ne devait pas être le cas dans la basilique de la Bonne Mère de Marseille. Des bateaux finement élaborés descendent du plafond. Ils témoignent chacun d'un évènement maritime difficile à l'issu presque inespéré. Symbole d'un art populaire ces bateaux offrent bien souvent des voiles farfelues, une coque imagée, une libre interprétation des codes de la construction navale.

L'ensemble se marrie de façon inattendue entre un navire ex-voto et la riche mosaïque du choeur. Il existe tant de trésors dans cette belle ville de Marseille !
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