vendredi 17 juillet 2009

Entre continuité et attente : les peintures de Spinifex


© Spinifex community. Wati Tjutaku. Travail collaboratif masculin.
238 x 146 cm. Provenance : Japingka Indigenous Fine art Gallery.
Collection privée.

Cela faisait des mois d'attente. Le temps nécessaire pour finaliser l'acquisition de 4 peintures, deux de chez Papunya déjà présentées ici ou , une de Daniel Walbidi, et une autre de Lydia Balbal. D'une certaine façon, cet effort significatif et perlé mensuel habite les mouvements d'une collection.

Il y existe ce mélange subtil entre une découverte presque quotidienne de nouvelles toiles, la frustration d'effectuer des choix, la tension positive de prendre une décision, l'altérité convenue d'une éventuelle négociation... puis l'attente longue, fort longue avant de recevoir ces chefs d'oeuvre de l'Australie noire.

A chaque fois j'hésite entre faire une pause ou continuer. Un banquier serait heureux du premier choix. Un collectionneur y aurait presque l'impression d'une petite mort.
Avant d'acquérir cette peinture de Spinifex en photo ci-dessus, j'étais au coeur de ce dilemme. Faire une pause estivale ou se lancer à nouveau. Comme à chaque fois, j'ai ressenti comme un vide, un arrêt, dans cette logique de réflexion. La potentielle fin d'un direction engagée depuis déjà quelques 5 années.

Je regardais avec attention les créations du mouvement de Spinifex depuis un certain temps déjà, à la fois pour leur dimension artistique et politique. Elle a été établie en 1997 sous le concept de "Spinifex Arts Project". Dans ce cadre, avec l'ensemble des femmes et des hommes de cette communauté, une plainte a été formulée devant la "Federal Court" en novembre 2000, afin de signifier par la peinture leurs liens et leurs droits sur leur terre.
Ce fut un succès ! Dix de ces oeuvres fondatrices figurent aujourd'hui au Western Australian Museum.

Par son envergure importante, cette toile engloutit totalement le regard. De près l'ensemble de la vision est absorbée par cet ensemble paysagé, traversé par un rêve associé aux serpents.
Dans un jeu contrasté et harmonieux de couleurs et de motifs soignés, une carte topographique émerge.
Elle porte le témoignage d'un mythe ancestral, tout en soulignant la force de la communauté avec le travail collaboratif de cinq artistes : Roy Underwood, Ned Grant, Ian Rictor, Byron Brookes et Lenard Walker.

Encore une fois, entre continuité et attente, le choix ne fut pas trop long.
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