dimanche 4 janvier 2009

Conjugaison de l'art culinaire et pictural chez les Aborigènes

La découpe des poissons s'avère d'une rare subtilité dans de nombreuses cultures.
Chez les Japonais, il nécessite un long apprentissage. Le travail du poisson fugu en partie toxique, requiert par exemple une licence de l'état avant d'être pratiqué. La découpe du thon demande également un savoir spécifique pour valoriser les parties les plus prisées.
Couteaux spéciaux constitués de lame d'acier au carbone, choix des matières premières les plus fraîches et nobles, manière de disposer les morceaux, relèvent tous d'un niveau de raffinement rarement atteint en cuisine.

Samuel Namunjdja, communauté de Maningrida. 95 x 40 cm.
© Collection privée Brocard-Estrangin
En Australie, chez les Aborigènes, la transmission du savoir principalement orale et picturale, conduit les anciens à utiliser leurs peintures comme vecteur de connaissance.
Sur cette écorce figurant un poisson on peut observer le magnifique travail "X-ray" ou rayons X dévoillant les organes internes de l'animal. Une vision externe du poisson dans son élément, entouré d'algues, et plus interne se conjuguent, comme un jeu entre perception tactile et pensée intérieure.

L'enchevêtrement des hachures ou Raark représente la chaire comestible du poisson et l'art de la découpe aborigène enseignés aux plus jeunes. Les quatre couleurs rituelles utilisées : ocre, noir, blanc, orange; à l'image des tartans écossais, représente la "famille de peau" de Samuel Namunjdja, artiste de Maningrida.
La grande finesse dans les traits souligne la maîtrise du geste de peintre, de la brindille courbée, dessinant la complexité et l'harmonie du monde.
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