lundi 8 décembre 2008

Age d'or d'Utopia : du pointillisme à un effet de galuchat...

Lindsay Bird Petyarre, Mulga Seed Men's Dreaming
© Collection privée Brocard-Estrangin, 234 x 134 cm.

Provenance : Songlines Aboriginal art Gallery

C'est une oeuvre ancienne de la communauté d'Utopia, grande, immense, avec ses deux mètres et 34 centimètres. Il me fallut des mois pour la recevoir après l'avoir évoqué sur le blog ici...

Elle est maintenant face à moi. Littéralement j'y plonge, y découvre l'impression de participer à ce voyage initiatique de collecte des graines d'acacia Mulga, de traverser les lieux... Cette toile pourrait devenir une fenêtre vers un voyage intérieur. La symbolique cerclée des étapes ou lieux de campement prend presque la taille du foyer d'un feu. Cette sorte de ponctuation donnerait envie de s'arrêter autour un instant, de partager leurs histoires, de ressentir la chaleur des liens et des flammes.

La mise de la peinture sur châssis fut un challenge aujourd'hui. Découper le bois, régler les équerres, tendre la toile... Il me fallut plus de deux heures pour poser les agrafes, ajuster, retendre à nouveau. Le lin s'en trouve comme électrisé, le toile vibre de cette tension, les motifs y gagnent en puissance et évocation.

Je dois maintenant lui trouver une place. Sa taille deviendrait presque un problème face aux murs disponibles ou à la hauteur nécessaire. Une rotation des toiles s'imposera. Il me faudra innover, trouver des accroches plus solides, la mettre en valeur. Un pan se dessine là-bas...

J'aime beaucoup ces toiles des années d'or d'Utopia. Le temps n'y comptait peut-être pas encore. Les motifs traditionnels y habitent la toile de façon grandiose et simpliste, tandis qu'une myriade de combinaisons de points soulignent et encadrent l'ensemble comme la matière précieuse du galuchat. Le travail est soigné, extraordinaire. Cela reste réjouissant pour le regard attentif du néophyte comme du passionné.

Il s'agissait de ma dernière toile pour 2008. Une année particulière où les acquisitions furent plus réduites et ambitieuses, et nécessairement étalées sur des mois. Il me faudra dés maintenant trouver un rythme plus modeste pour les années à venir.
Sans doute s'agit-il de l'apanage d'un collectionneur enthousiaste mais raisonné.

2 commentaires:

Anonyme a dit…

Magnifique pièce, on retrouve la beauté de ces réseaux de peinture de première génération ,ce qui a fait dire à certains que les aborigènes s'interesseraient plus "aux liens entre les éléments qu'aux éléments eux mêmes".
Beaucoup de rigueur ds cette oeuvre parfaite!une pièce de musée!
Merci bcp
rE

Bertrand a dit…

Bonjour Richard,

Je partage votre analyse. Il m'arrive de rester longtemps devant elle.
D'ailleurs, ces instants de contemplation m'impressionnent... Ils sont si inhabituels pour moi.

Merci pour votre visite.
Bertrand