jeudi 20 novembre 2008

Du disque solaire néolithique au Dieu Rê Egyptien ?

Collection privée BROCARD II. ©
Disque solaire en silex jaspé. Néolithique. Niger.

Combien de millénaires furent nécessaires pour passer d'un simple grattoire coupant en silex à un disque presque parfait ? Une infinité sans doute.

Certains y verront la lente évolution de la technologie, du galet coupant au firmament de cette feuille de silex finement ciselée.
L'artisan disposait juste de quelques années, pour en maîtriser le geste, vite bornées par les limites de l'espérance de vie en ces temps difficiles, et l'enjeu de la transmission aux nouvelles générations. Sur ce chemin, il y eut certainement des impasses, des tributs décimées, des jeunes indifférents à un tel travail...

D'autres y observeront une subtile aspiration vers des desseins plus grands. L'objet y quitte la sphère technique pour entrer dans une autre dimension, celle des symboles. L'outil devient cercle, rond, disque. L'homme observateur du ciel, y devine et grime le pouvoir des astres.
La conscience humaine s'éveille, des talents plus spirituels se révèlent et mettent en scène le monde à travers des objets porteurs de sens. Des confins du Sahara Nigérien aux terres des Pharaons les nomades contribuèrent à brasser et fertiliser la pensée humaine. On y devine les futures religions, comme le dieu Rê des anciennes dynasties Egyptiennes.

Aujourd'hui, ces disques en jaspe verte restent associés au Néolithique autour de 6500 av. J.C. Certains sont toujours retrouvés enfermés précieusement dans des jarres en terre cuite décorées. Celles-ci sont cachées sur les hauteurs des montagnes du Niger, sur les sentiers les plus proches de notre soleil. L'ascension se fondait alors peut-être dans une sorte de pèlerinage dédié à une vénération cosmique, précédant de peu l'adoration des déesses mères.
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