mercredi 1 octobre 2008

Trésors des greniers de famille : d'une peinture à l'autre

Collection privée Brocard II

C'était il y a presque 20 ans. Bien longtemps avant mon intérêt pour l'art aborigène. Peut-être ma première initiation à la peinture, un après-midi autour des vacances de la Toussaint.

Furetant dans le grenier de ma grand-mère lové dans les anciennes chambres de bonne, je découvrais quelques trésors égarés. Des pieds de lampes en bronze, un ancien Christ sans sa croix, des aquarelles ayant fait leur temps, du vieux linge avec son armada de fines dentelles... Des malles estampillées au fil des périples de nos anciens. Timbres des compagnies de train, étiquettes d'une gare à l'autre bout de la France. Tout cela racontait une époque.

Ma grand-mère allait bientôt quitter cette grande maison. Ses murs avaient gardé leur patine d'origine. Entre les piles d'assiettes en fine porcelaine se trouvaient glissés des billets de banque, dans des cachettes éphémères, peut-être bien plus fiables que les dépôts en banque...

Il y régnait une odeur de cire, le souvenir des patins en laine d'acier, l'immense bac en granit de la cuisine. L'ancien four à bois où s'évanouissaient quelques secrets de papier sous les figures charmantes de la faïence. Les boites en métal cachaient de délicieuses meringues faites maison. C'était une maison de notre enfance à Limoges. Elle n'est plus aujourd'hui, détruite par des promoteurs.

Collection privée Brocard II

Au dernier étage, derrière ces malles, sous une couche de plâtre éteinte, signe d'une ancienne fuite, je trouvais deux tableaux anciens. L'un éventré. L'autre presque intacte. Fier de ma découverte je descendais les escaliers pour montrer mes trouvailles à mes proches au salon. Personne ne gardait souvenir de ces oeuvres. Elle furent sans doute oubliées là à une génération précédente. Leur état pitoyable suscita peu d'intérêt, jusqu'à l'idée de s'en débarrasser...

Collectionneur en herbe, je n'en fis rien. Ces tableaux furent nettoyés, puis m'accompagnèrent dans ma chambre de lycéen avec d'autres meubles anciens et quelques gravures des campagnes de Napoléon. Rien de comparable avec les posters des ados d'aujourd'hui. Ainsi démarrait peut-être mon attrait pour une collection... Ces peintures portent mes souvenirs. Elles sont témoins d'une période tendre. De leurs origines ou époques, je ne sais par contre rien.
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