samedi 10 mai 2008

Age d'or suspendu des racloirs de ville

© 2007. Photo Bertrand.

Dans nos villes, ces objets sont devenus insignifiants. S'ils n'ont pas disparu, ils restent presque invisibles. Au ras du sol, dédiés aux tâches les moins nobles, certains ont même oublié leur nom. On ne les appelle plus. Sans sonorité, ils sont suspendus dans le temps et la mémoire. Bientôt ils ne tarderont pas à prendre la tangente, sans regret.

Gratter, ôter, débarrasser... furent leur vocation. C'était l'âge tendre des villes, encore trait d'union entre différents univers. A un temps où la terre s'invitait au festin des rues, coulait, formait boue, tas, monticules et havre de paix pour graminés sauvages.
C'était l'âge d'or des racloirs.

Les pieds de la ville s'enfonçaient encore dans la glaise. Aujourd'hui, des mosaïques de pavés aux revêtements modernes, l'eau ne fait que passer. Elle ne se marie plus à la terre. L'herbe s'absente de ces lieux austères.

Ses heures sont comptées, mais ce racloir de 1850 résiste dans la ville de Marseille.
Il est tout petit, discret, dans son écrin d'asphalte. Il s'abrite dans l'ombre des marches d'une maison patricienne. Pour combien de temps encore ?
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