lundi 31 mars 2008

A la recherche du sens d'un panneau magique de Papouasie Nouvelle Guinée...

© Collection privée BROCARD II.

Evasion vers un village du Haut Sépik en Papouasie Nouvelle Guinée à travers ce panneau magique. Réalisé avec minutie par les hommes du hammeau de Kupkein, les multiples courbes, circonvolutions et visages suggérés portent un message puissant qui ne nous est cependant pas parvenu.

Je recherchais des exemples similaires dans différents ouvrages de référence sur la Papouasie Nouvelle Guinée comme le superbe livre d'art "New Guinea Art, master pieces from the Jolika collection of Marcia & John Friede". Ce fut peine perdue. Bien que. Certains motifs m'évoquent le travail sur des manches de dagues gravées dans l'os de casoar... Il pourrait il y avoir correspondance mais sans révélation pour autant du sens de cet oeuvre.

Je laissais donc parler mon imagination sur cet objet reçu aujourd'hui d'Allemagne. Avec toutes les réserves nécessaires, j'y distingue plusieurs niveaux de perception imbriqués les uns dans les autres.
Sur la droite de l'objet, deux cercles concentriques apparaissent comme deux yeux profondément enfoncés dans leurs orbites. Ils suggèrent la tête d'un grand esprit, étonné, l'arcade sourcilière relevée, le front plissé. Deux boucles terminent la partie droite comme une chevelure symbolique.

Regardez de plus près. Ces deux yeux sont également visages. L'individu se conjugue au pluriel. A travers ces yeux, plusieurs pensées figurent comme de nombreux esprits ancestraux qui vous observent.

Vers le centre du panneau apparaissent d'autres visages stylisés. De là à imaginer un ventre offrant l'abri à la descendance de deux grands ancêtres il n'y aurait qu'un pas. Il serait cependant un peu présomptueux de le franchir.

La partie gauche de cette plaque est plus étranges encore. Ce qui pourrait ressembler à des étuis péniens semble féconder une sorte de vague ou de fondement. S'agirait-il d'un panneau magique dédié à la fécondité ? D'une carte généalogique soulignant différentes générations ? Le mystère demeure. Mais mon imagination, rien qu'elle s'emballe pour cet objet si symbolique. N'est-ce pas l'apanage de l'art que d'inviter son observateur à une créativité contemplative et participative...

2 commentaires:

Détours des Mondes a dit…

Pour être honnête, nous nous sommes mises à plusieurs pour essayer de reconnaître ce panneau magique... Connaissant toutes un peu les arts de Papouasie Nouvelle Guinée, nous n'avions jamais vu de planches avec des motifs de ce style et notamment dans les régions du Sépik.
Mais Marie, la "meilleure" d'entre nous :-))) propose un rapprochement avec une planche malu Sawos (encore que pour les motifs, c'est pas vraiment cela)... je te recopie la notice du MQB : "Cette planche malu servait aux cérémonies funéraires pendant lesquelles était évoquée la vie du défunt et récité les mythes de son groupe. Elle pouvait aussi être utilisée lors des initiations. Elle était montrée aux femmes pour signifier symboliquement la mort des jeunes garçons et leur renaissance comme homme Les planches malu sont conservées dans les maisons d'habitation et transmises aux générations suivantes." mais elle fait 1,65 mètres, je ne sais pas les dimensions de la tienne.
c'est le N° inventaire : 72.1980.1.1
Bref, je crois que ton panneau garde encore bien ses mystères...

Bertrand a dit…

Bonjour Lyliana,

Le rapprochement est en effet intéressant. Je viens d'aller sur le site du Musée du quai Branly grâce à tes renseignements. Ce panneau en fait est assez petit. Il ne fait pas plus de 56 cm.

Il devait être pris en main car une partie est plus usée que les autres.

Il me fait plus penser à une sorte de "churinga" en PNG par son format...

Tu as raison le mystère demeure...

Merci pour votre contribution collective.