mardi 18 mars 2008

Ils partirent la fleur au fusil...

A l'occasion des obsèques du dernier "poilu" de la Première guerre mondiale, Lazare Ponticelli, mort à 110 ans, je retombais sur ce dessin au crayon réalisé par un arrière grand oncle, Marcel Ferrand.
Ils partirent de Moscou avec son frère André, l'un à l'état major au service de traduction, l'autre dans l'aviation de guerre, comme pilote en 1914. Ils s'engagèrent pour l'Armée d'Orient en Salonique.

L'expression, "la fleur au fusil", qui illustra les livres d'histoire prend ici tout son sens. Tout devait aller très vite comme le suggère cet emblématique "A demain" sur le dessin avec un jeune soldat courant vers Berlin...

André revint de la guerre pour vivre ensuite en Pologne. Marcel resta dans les tranchés, quelques jours avant la fin des hostilités. Le suspens fut insoutenable pour ses parents qui n'apprirent son décès que quelques jours après la fin du conflit. Il n'y eut plus de demain pour lui...

Que ce maigre billet soit un hommage aux poilus de France, d'Allemagne, des colonies... Que la mémoire nous garde de la folie des hommes...

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2 commentaires:

espace-holbein a dit…

«Que ce maigre billet soit un hommage aux poilus de France, d'Allemagne, des colonies... Que la mémoire nous garde de la folie des hommes...»
Je souscris tout à fait à ça. Que la langue de ces malheureux ait été l’allemand ou le français (ou d’autres -pensons aux Africains destinés à effrayer ceux qui n’avaient jamais vu de noirs) ou plus généralement les langues des provinces de France, le résultat est le même : malheur, désastre, folie et injustice.
Mon grand-père paternel dont la langue était l’occitan n’a jamais quitté son village au cœur de l’Aude. Le seul voyage qu’il ait fait l’a amené dans l’épouvante, au Chemin des Dames. Cent mille hommes morts en quinze jours. Il a eu la chance d’en revenir et de retrouver son village. Il a souvent raconté à mon père les petits échanges qui s’engageaient d’une tranchée à l’autre par de petits signes de mains, en direction de pauvres types, comme lui, qui parlaient une langue encore plus étrangère, pour lui, que le français.

Bertrand a dit…

Bonjour Holbein,

Certains de nos anciens parlaient la même langue, l'occitan.
Ces signes devaient être magnifiques et courageux. Durement réprimés d'ailleurs par les autorités...

Un de mes arrière grand-père, capitaine, fit partie des quelques 10 survivants de sa compagnie. Cela le marqua à jamais. Il en parlait peu. Mais nota de nombreux points sur de petits carnets aujourd'hui en possession d'un grand-oncle. Il garda des souvenirs, tel ce drapeau, tel ce reste de mitrailleuse allemande qui décima tant d'hommes... Ce fut effroyable.

Comment pouvons-nous faire cela ?