mercredi 12 mars 2008

Dualité et harmonie du monde chez l'artiste aborigène Gloria Petyarre


© Gloria Petyarre, Utopia. 150 x 90 cm.
© Collection privée Brocard-Estrangin
Manteau de plumes, cape de cérémonie... D'Hawaï à l'Amérique du sud, les hommes inventèrent ces objets précieux, composés des attributs les plus chatoyants des volatiles rares.

Au musée du Quai Branly, certains manteaux date du IVe siècle de notre ère. Conservés en haute altitude sur les crêtes des Andes, ils furent épargnés par le temps.

Lorsque je regarde cette peinture aborigène*, l'image des plumes persiste. Trois teintes se combinent. D'un vert sépia, à l'orange vif, se muant en un blanc nacré dans les dernières vibrations du mouvement.

Dans des billets ici et , j'évoquais deux autres oeuvres réalisées dans le même esprit à Utopia. L'artiste aborigène Gloria Petyarre y présentait différentes déclinaisons développées par les feuilles des plantes médicinales.

Sur cette toile cohabitent plusieurs dimensions. Des jeux d'ondulation sont imprimés par l'alternance des couleurs et les effets subtiles de volume. Des figures géométriques apparaissent également sur les lignes dessinées par les crêtes des feuilles blanches. De les suivre conduirait presque à entrevoir les branchages d'un arbuste habillé de ces multiples feuilles élancées.

Ce sont peut-être deux univers qui alternent. Les ondulations portent un "souffle de guérison". La structure plus anguleuse pourrait suggérer le mal, qui prend d'autres chemins et s'évade.
Il pourrait tout autant s'agir des chemins empruntés par les femmes pour récolter ces précieuses médecines. L'artiste, maîtresse des rites, fort respectée dans sa communauté, pourrait nous en dire plus. Sa quête était peut-être tout simplement dans la célébration des propriétés de ces plantes, sous autre message que l'harmonie du monde.

(*) Collection privée BROCARD II. Bush Plum. © Gloria Petyarre.
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