mercredi 30 janvier 2008

Sculpture Inuit : témoin d'une tradition orale intangible

© Collection privée BROCARD II.

Différents matériaux se combinent dans ce visage Inuit. Un os de baleine fossilisé donne vie à une tête. Les multiples alvéoles de la surface suggèrent un grain de peau abimé par la dureté des éléments. Froid, vent, glace, lumière implacable... Deux yeux en ivoire de morse vous regardent. Ils éclairent cette face souriante, et engage un dialogue avec celui qui la contemple.

Je reste souvent surpris par l'immense fertilité de l'art Inuit. Comme si leur inventivité était décuplée par les contraintes imposées par le milieu. L'économie des matériaux, la solitude marquée sur des espaces immenses, la veille prolongée dans les igloos... ont ensemble développé une grande intériorité chez ces nomades du froid. Dans ce désert de glace, là où la vie ne tient souvent qu'à un fil, l'irrationnel souvent prend le dessus et nourrit une spiritualité profonde portée par les chamans.

Dans ces oeuvres taillées dans l'os, la pierre, l'ivoire, s'expriment les mythes fondateurs des Inuits et le haut niveau de civilisation atteint par ce peuple. Il ne se mesure pas à la complexité technique développée, au confort accessible, aux écrits figeant un instant la connaissance... mais ici à la puissance d'expression de la créativité dans une économie totale de moyen. Cet objet est témoin de ce parcours, boussole, repère comme bien d'autres oeuvres d'une tradition orale intangible.

Autres oeuvres Inuit présentées sur le blog :
- Figure hiératique d'un chaman inuit
- Comme une offrande du peuple inuit
- Disparition de l'ours blanc et mythe inuit
- Les chamans inuits conjurent la peur des éléments hostiles
- Sculpture inuit : exprimer le plus dans une économie de moyen

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