mercredi 23 janvier 2008

Ceci n'est pas une meule

© Collection privée BROCARD II.

Sur la route de Chinguetti, pas très loin de Fort Saganne, nous allons découvrir un site archéologique "inventé" par Théodore Monod.
Le gardien du lieu ouvre la porte en fer. Nous rentrons dans un petit espace sans toit. Un mur en pierres sèches enserre une large roche. Nous nous rapprochons. Sur la paroi, dans les creux, apparaissent de belles peintures rupestres du Néolithique.

Nous quittons cet espace. Pas très loin de là, un homme propose de vieux objets dans sa boutique. Le mot est un peu exagéré. De boutique, il n'y a en fait qu'une couverture posée à même le sol et des choses dessus, guère mises en valeur.

Cette meule en pierre me frappe d'emblé. Cet objet n'est pas ce qu'il devrait être. Magritte aurait dit "ceci n'est pas une meule".
Il est parfaitement ovale, délicatement incurvé, au grain fin. Autant d'un côté que de l'autre. Sa taille de 20 cm est modeste. La teinte des ans lui donne une couleur miel comme les dunes de sable si proches.

Les millénaires n'ont pas altéré ses formes, ni sa surface. La main glisse dessus.
Je ne peux m'empêcher de penser à l'homme qui l'inventa... A-t-il souhaité y représenter un visage, à l'image des têtes épurées des Cyclades ? A-t-il voulu honorer le métier des meuniers de ce temps en réalisant un chef d'oeuvre, comme les Compagnons du Tour de France ?
Il n'existe pas de réponses. Juste le silence brut face à la pierre. Et la mémoire d'un choc esthétique face à cette pièce.

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