dimanche 13 janvier 2008

Aquarelles lors de la conquête de l'Algérie en 1830

Ce Monsieur vivait au XIXe siècle. Sur cette photo, assez rare de lui, nous sommes autour de 1890. Il s'agit de la toute fin de sa vie puisqu'il laissera sa famille le 7 décembre 1892.

J'aurais tant aimé le rencontrer, discuter avec lui, l'interroger sur son parcours assez atypique entre Bohême, France, Algérie, ses différentes passions. Il était érudit. Parlait de nombreuses langues comme l'arabe, l'allemand, l'anglais, le français, et des plus classiques comme le latin et le grec. Il embrassa la médecine et développa des talents dans d'autres domaines comme sur ces aquarelles.

Aquarelle du Docteur Rietschel - campagne d'Algérie (1830)

Tout commence à Verdun le 6 octobre 1808 où Nicolas François Gustave Rietschel voit le jour. Son papa, François Rietschel, né près de Pragues en Bohême s'installe dans cette ville de France en 1803 fuyant le poids de l'Empire Austro-Hongrois. Sa maman Marie Anne-Elisabeth Antoinette Crescendia Hieronyma d'Achauer était née à Inspruck au Tyrol le 30 septembre 1777.

Aquarelle du Docteur Riestchel - campagne d'Algérie (1830)

Ils s'installent à Paris vers 1810, au 68 rue de Richelieu. Sa maman décède 5 ans plus tard. Gustave a juste 7 ans. Son papa épouse en seconde noce Agnès Husson également veuve, de Jean Baptiste Lembert, ancien professeur de faculté et précepteur de Léopold 1er de Belgique.

Aquarelle du Docteur Rietschel - campagne d'Algérie (1830)
Gustave se retrouve donc à la maison avec deux autres demi-frères plus âgés que lui. Ils dirigent ses études. Ensemble tous les trois ils se lanceront dans des études de médecine. Gustave deviendra de son côté médecin militaire. Le 14 juin 1830 il embarque pour l'Algérie avec les armées de Charles X. "L'armée française, composée de 37 612 hommes quitte Toulon pour Palma le 16 mai 1830 sur une flotte française de 567 navires, dont 103 bâtiments de guerre". Source : Wiki

Aquarelle du Docteur Rietschel - campagne d'Algérie (1830)
L'Algérie le fascine. Il s'intéresse à la culture arabe. Apprend la langue afin de la parler et l'écrire. Visite la région. Se passionne pour la numismatique, effectue quelques repérages de vestiges archéologiques, rassemble différents manuscrits. Il ré-écrit les pages de Corans incomplets, se lance dans la rédaction d'un dictionnaire Arabe-Latin. Son écriture est minuscule. Ses anciennes lunettes attestent en effet qu'il était très myope.

Lors de la conquête, la photo n'existait pas encore, aussi il s'adonne aux joies de l'aquarelle. Celles ci-dessus datent des années 1840 et restent d'une grande fraîcheur pour leur âge.

En 1849, Gustave, chevalier de la Légion d'honneur est nommé médecin en chef de l'hôpital militaire de Tenes en Algérie. L'année suivante, il obtient la nationalité Française le 31 mars. Il deviendra ensuite officier de la Légion d'honneur après de nombreuses années de service dans les armées d'Afrique.

En 1851, le 13 octobre, il épouse à Alger, Mademoiselle Josephine Françoise Elodie de Saint Ferreol. De leur union naquirent deux petites filles, dont Anne à Ténès, avant leur retour en France à Paris en 1869. Anne en particulier est mon arrière-arrière grand-mère.

Je reviendrai sur ses autres passions comme la numismatique ou l'écriture arabe. A suivre...

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