mercredi 7 novembre 2007

L'argent a une odeur dans les monnaies d'Océanie

Pensez aux monnaies. Celles qui nourrissent vos poches et bien souvent ne font que passer. Depuis presque 3000 ans elles ont adopté le métal, de la Grèce à la Chine, sur de multiples continents. Froides, ensemble elles tintent, révèlent leur présence dans ce choc des matières.

Ces monnaies sont exigeantes. Elles nécessitent beaucoup d'énergie, bois, charbon, moules avant de voir le jour. Elles suscitent l'envie, des vocations de faussaires dés l'Empire Romain, grimant l'original. Et puis par le fruit du hasard, s'échappent, disparaissent dans un tiroir, un vêtement, un vieux sac avant de revoir la lumière quand leur temps est passé, in fine démonétisé. Telle pourrait être la vie de nos monnaies "modernes".

La photo ci-dessus représentent d'autres membres de la famille, encore usités en Papouasie, Afrique ou dans certaines Iles d'Océanie. Leur grain est doux, patiné par l'usure des transactions.

Fragiles elles sont bichonées, tressées par des cordelettes les unes aux autres, agrémentées de scarifications, de subtiles dentelures d'écailles de tortue... Le champ de la monnaie flirte avec le bijoux. Elles sont mises en avant autour du cou, en bracelet, en ornementaion du pubis. La matière vit, évolue avec le temps, se marie avec la teinte de peau du porteur.

Les coquillages d'origine sont juste rares pour justifier une forte valeur, qui grandit plus l'on s'éloigne des mers. Chaque pièce est marquée, différente, porteuse souvent d'un marquage olfactif, tellement loin de "notre argent qui n'a pas d'odeur".
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