lundi 18 juin 2007

Un appartement comme porte d'évasion

Il est des pièces comme des passeports pour ailleurs, des visas pour l'évasion, des kyrielles de questions par tous les objets rassemblés dans un même espace confiné.
Ce simple salon conjugue à lui seul sur ce versant du mur différentes invitations au voyage.

De multiples liens rassurant à travers l'histoire donnent un semblant d'éternité à celui qui l'habite. Silex taillés du Sahara oubliés aujourd'hui sur cette commode, flêches du Chalcolithique en cuivre 1000 ans avant l'invention du bronze, tapis rapportés d'Irak durant l'embargo entre les deux guerres du Golfe... Les symboles jonglent avec les distances, les temps, les cultures.

Une malle noire échouée après de multiples périples souligne la conquête de l'Algérie autour de 1830. Les cueillères des Touaregs patinées, aux contours émoussés par autant de lèvres et de petites dents gourmantes évoquent le temps qui passe.

Terre, ciel, tout se rejoint, avec ces oiseaux de bois de Papouasie Nouvelle Guinée. Quelques fauteuils usés s'habillent d'étoffes collectées au Yemen. Un peu plus loin un flacon d'encens trompe les sens et raconte les sillages des effluves du royaume de la Reine de Saba.

Les murs vous observent. Tels deux yeux, les peintures aborigènes accrochées sur les conduits des cheminées, véhiculent dans la profondeur du regard une autre époque, une étrange spiritualité, celle du temps des rêves dans le bush Australien, dans les deux communautés de Papunya et d'Utopia. Ondulation des plantes médicinales, imagination spatiale des dunes de sable... L'harmonie du monde y résonne et questionne.
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