mardi 6 mars 2007

NIGER : un musée Touareg du Néolithique ?

© Collection privée BROCARD II.

S'il y a quelques années nous pouvions rapporter d'Afrique différents témoignages du temps des tailleurs de pierre du Néolithique, cela n'est guère recommandé aujourd'hui. D'autant que depuis quelques années, certains pays protègent utilement ce patrimoine souvent avec l'aide de l'Unesco.

On ne peut qu'encourager la constitution de musées locaux dans les villages ou villes jouxtant le désert du Sahara. Un archéologue inviterait à laisser les objets sur place au milieu des dunes. Ce qui serait un must bien entendu. Mais la pression du commerce conduit souvent de nombreux nomades à ramasser tout ce qu'ils trouvent, soit par intérêt pour la qualité des pierres rencontrées, soit dans un esprit de lucre potentiel. Aussi la collecte par les natifs du lieu, équipés de nouvelles technologies comme le GPS devrait permettre un repérage et un référencement des lieux de gisements ou découvertes fortuites. Nous en discutions il y a quelques semaines avec un Touareg ayant le projet de constituer un petit musée du Néolithique. Je l'invitais dans ce sens à garder avec attention la référence de chaque objet afin de ne pas perdre sa trace d'origine.

Il y a quelques semaines, une heure avant le couché du soleil dans les dunes, je parcourais les kilomètres de sable entourant notre campement, à la recherche de ces étendues où affleurent des vestiges des premiers hommes. Dans la chaleur timide du soir, je rencontrais à mon tour, sur un plateau complétement dénudé, un lieu occupé il y a des millénaires. Tessons de poteries, coquilles d'autruche à demi-fossilisées, restes d'outils en silex jonchaient le sol. Ils symbolisaient un groupe, sans doute installé tout comme nous un soir à cet endroit. Le temps d'une étape, d'une nuit, de quelques jours, laissant des traces pour l'éternité.
Le lendemain notre ami Touareg disposait d'une belle collection à préserver avec toutes les références du GPS.

En haut, au centre de la photo vous pouvez observer trois hâches polies à gorge. En bas cinq hâches et couteaux en jaspe suggèrent cette teinte magnifique de la pierre que l'on retrouve encore dans certaines régions du Niger.
A droite, trois hâches noires, si petites qu'elles ne purent être utilisées à cette fin, devaient avoir un intérêt votif.

Chaque outil semble ajusté à nos mains. On ressent les vibrations des gestes de nos anciens. Leur science de la taille. La recherche de symétrie et d'équilibre dans la structure. Une pensée symbolique s'épanouissant dans la conception d'outils ajustés à chaque usage. La vision des objets inanimés de Lamartine n'est pas loin. Jonglant d'une objet à l'autre, vous traversez les siècles.
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