dimanche 14 janvier 2007

Je suis tombé en art aborigène

Comme Obélix dans sa potion, je suis tombé en art aborigène. Cela n'a pas été immédiat. Il m'aura fallu attendre un certain temps. Après des années passées à collectionner les objets en tout genre, à hanter les brocantes, à rechercher l'objet rare d'hier, j'ai plongé dans l'histoire.

Une fuite accélérée sur 100 000 ans, des monnaies du Moyen-âge, aux breloques en bronze romain, à l'âge des métaux ensuite pour m'évader enfin dans l'âge de la pierre. Les treks dans différents déserts apportèrent leur lots de découvertes et de questions.

L'objet taillé posé sur le sable suscitait la plus haute curiosité. Qui l'avait égaré ? Il y a combien de temps ? Etions-nous les premiers à le retrouver là si longtemps après ? Les quelques réponses aux noms cabalistiques : néolithique, chalcolithique, paléolithique dessinaient un univers palpable. Celui des chasseurs-cueilleurs, des nomades de la savane.

Les peintures rupestres du sahara laissaient entrevoir de leur côté l'imaginaire, les rites chamaniques de ces premiers peuples dans des compositions subtiles aux traits aussi simplifiés que maîtrisés, soulignant une pensée symbolique très structurée.

Mais le lien était rompu avec ces anciens. Personne ne pouvait aujourd'hui témoigner de leur culture, de ces spiritualités complexes avant l'écriture, des peuples nomades d'Afrique.
Il y a 4 ans, la visite de la ville d'Utrech avec une amie en Hollande allait me donner une nouvelle impulsion. L'entrée du musée Aborigène au bord des canaux nous invita à rentrer. C'était pourtant étrange d'aller en Hollande et de visiter un musée sur l'art des peuples premiers d'Australie.

La visite de plus de deux heures fut enthousiasmante. Je retrouvais des correspondances fertiles entre les Aborigènes et nos amis nomades d'Afrique. J'appréhendais le "chainon manquant" vivant constitué par les Aborigènes vers ces cultures des chasseurs-cueilleurs disparues en grande partie des autres continents. La découverte de leur art fut comme un choc esthétique. Une puissance symbolique frappante nourrissant une esthétique d'une grande modernité. Ce fut un peu comme une révélation.
Quelques années auparavant j'avais commencé à collectionner quelques peintures belges sans grand succès. Là je trouvais dans cet art aborigène vibrant le lien avec cette quête dans l'histoire vers les origines. Le lien avec nos plus anciennes cultures. Le témoignage d'une pensée à l'âge du néolitique et paléolithique. Une réelle jubilation dans ce fil continu vers nos origines, fertile et si contemporain dans son expression picturale.

Il n'en fallait pas plus. Je tombais en art aborigène en achetant au Musée d'Utrech ma première peinture (attachée à cette nouvelle). Ce fut un premier pas. Bien d'autres suivirent. Chaque toile, comme autant d'objets et de silex avant elles sont autant de questions sur ces peuples, leur culture, renouvelée et si ancienne à la fois.
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