lundi 18 décembre 2006

Sur les pas de Babylone

Périple en plein mois d'août dans ce chaudron irakien au croisement de l'histoire des religions. Nous apportons des médicaments en plein Embargo entre les deux guerres du Golfe.
Visite de la Cité de Babylone. Lecture de la Bible aux bords du fleuve. Le texte vibre dans ce quotidien comme un témoignage vivant d'un autre temps, au même endroit, dans cette fournaise. Jeux de correspondance.
Le guide nous invite à le suivre. Nabuchodonosor avait imprimé son sceau sur les briques cuites des murailles : "Moi Nabuchodonosor, j'ai réalisé ce qu'aucun roi n'avait jamais fait...". Saddam Hussein reconstruisit une partie du palais à son tour en imprimant sa marque. Clin d'oeil à travers les siècles, sous le regard d'un "chateau moderne" dominant les moignons des antiques monuments.
Interdiction de prendre des photos. Nous sommes 50 dans notre groupe. Les seuls touristes en Irak cet été avec un visa très spécial de VIP. Il fait sans doute plus de 45°c à l'ombre mais l'excitation d'être en ce lieu est forte. J'en profite pour trainer un peu. Le regard curieux scrutant le sol. Après quelques minutes de recherche, je tombe sur deux petits morceaux de brique avec ce glacis d'une couleur lapis-lazuli inimitable.

Ce n'est qu'à notre époque que l'on vient de reproduire ce bleu si profond nécessitant une température de cuisson élevée et constante dans un four. Une étonnante prouesse pour une époque si reculée. Surtout si vous admirez le résultat de la porte d'Ishtar au Musée de Berlin.
Quelques pas plus tard, je découvre un morceau de brique avec des caractères cunéiformes : une bride du message de Nabuchodonosor...
© Collection privée BROCARD II

Nous rencontrons au fil du séjour un peuple Irakien très accueillant. Des communautés chrétiennes tellement vivantes remontant au plus anciens temps. Etonante expérience que d'entendre à l'occasion d'une messe un prêtre Irakien parler en syriaque. Langue d'origine araméenne, guturale, à la profondeur sacrée qui tisse un lien avec les premiers instants du Christianisme.
Nous ne pouvons oublier nos amis d'Irak, ces chrétiens vivant en parfaite intelligence avec les arabes. Ce monde où encore le mélange des peuples, des religions dans les villages, invitent chacun à se comprendre, à se respecter du palier d'une maison à l'autre. La diversité est tellement précieuse.
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