lundi 18 décembre 2006

A l'aplomb du temps


Une campagne de fouille de sauvetage vient de débuter dans un vieux village des Alpes de Haute Provence, au pied de la vieille tour. Le maire souhaitait renforcer l'étanchéité des caves de la mairie. On creuse. Un peu plus profond encore. Et apparaît quelques squelettes, des pierres taillées et fondations. Les ouvriers venaient de mettre au jour les vestiges d'une église du 9e siècle. Plus profond encore se révèle une nécropole gallo-romaine. Et à l'aplomb de l'excavation les fondations d'une villa romaine du 1er siècle se dessinent. Tout cela sur plus de 5 mètres d'alluvions et de cendres.


Le glanage de quelques monnaies romaines dans les champs alentours cet été là m'invitait à leur donner un coup de main, dans un même esprit de recherche. D'une truelle et d'un pinceau me voilà accroupi à nettoyer une petite abside. Découverte de quelques tessons. Et étonnante discussion avec les archéologues amateurs. "L'émotion pure en archélogie, c'est la préhistoire", disaient-ils. Incompréhensible pour moi à cette époque. Peu d'objets, peu de témoignages, que des conjectures sur les traces laissées, les chemins empruntés par le truchement des jeux statistiques. "Tu verras plus tard" ajoutaient-ils.

Il aura fallu longtemps. Des rencontres avec des objets de plus en plus antiques, romains, gaulois, de l'âge du bronze... Et cette question apportée par un silex taillé collecté par mon père près des puits de pétrole du Sahara. Un voyage en Israel ensuite. Et quelques silex découverts dans la fournaise d'un désert en plein mois d'août à l'heure de midi.
Enfin je compris cet enthousiasme pour ces périodes les plus anciennes, bien avant le néolithique. Ce moment où l'homme prend de la distance avec l'objet. L'érige en outil. Cette émergence possible de la conscience. Cette question sur les origines. Voilà que le virus de la Préhistoire prend forme.
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